Sylvain Tesson - Société de nomadisme

Retranscription de la rencontre avec Sylvain Tesson, Olivier Weber et Tristan Savin à la librairie Gibert Joseph autour de la revue Long Cours

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“ Les gens qui sont contaminés par ce que nous appelons la malédiction du voyage, dont Bruce Chatwin se disait atteint, je crois que ces gens là sont profondément individuels et c’est toute la difficulté d’essayer de rassembler des confréries de voyageurs, d’essayer de créer des Sociétés d’explorateurs. C’est tout au fond le côté impossible de la revue Long Courts. D’essayer de réunir sous la couverture d’une revue, d’un organe de presse une société de gens qui ne pensent qu’à foutre le camp et qui prétendent au fond appartenir à une confrérie alors que ce sont profondément des êtres qui sont individuels.


Je crois que le voyage, le désir de voyager, est une manifestation profondément intime de l’individualité et c’est pour ça que je ne suis absolument pas sur qu’il se dessinera une communauté - car c’est un mot très à la mode aujourd’hui - de gens qui voyagent mais je crois qu’ils se perpétuera ce désir, ce penchant de l’homme, de certains hommes, de temps en temps à fuir le groupe pour être soit des pionniers, soit des réprouvés, soit des rebels, soit des explorateurs, soit des découvreurs, mais des gens qui ne voudront pas appartenir au corps sociale mais qui considèreront que la vérité ne réside pas dans la bibliothèque, dans le cabinet, dans la constitution, dans le consistoire, mais au contraire, dans la solitude et la fuite. "


En découvrir d'avantage :

• Sylvain Tesson, Une très légère oscillation, Equateurs, 2017

©Hannah Assouline/Opale/Leemage

Sylvain Tesson, l'écrivain-voyageur

©Hannah Assouline/Opale/Leemage - parismatch.com