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Riga, Lettonie - Capitale de la Baltique

2 Dec 2017

 

 

 

Mes premiers pas sur le sol Letton furent vécu avec beaucoup d'appréhensions et avec quelques difficultés je dois l’avouer. D’une part à cause du froid que je ne suis plus habitué à supporter grâce à ce ****** de chauffage au sol que les architectes des années 60 ont cru bon d’installer dans mon immeuble et qui me rend frileux … aussi parce que Riga porte plusieurs noms comme la Petite Stockholm ou encore la Paris du Nord. La capitale balte se devait donc d’être à la hauteur de ces deux villes que je porte dans mon coeur.

 

J’avais réservé mes billets pour la Lettonie sur un coup de tête. Les prix étaient attractifs, les vols sans escale et c’était pour moi l’occasion de fouler pour la toute première fois le sol d’une ancienne république soviétique. Cette pesanteur de l’ex URSS s’est tout de suite faite sentir à ma sortie de l’aéroport ; de par l’architecture et surtout par la froideur des gens - qui semblent vous aider ou vous répondre dans un supplice sans nom (les portes des anciennes prisons du KGB m’ont semblé plus joviales) ... Puis il y avait cette odeur … comme si des particules de l’époque Stalinienne étaient restées en flottaison permanente dans l’air. Cette odeur, je l’a découvrais elle aussi pour la première fois et pourtant, j’avais l’impression de la connaître. Cela semblait être la parfaite idée olfactive que je me faisais de l'URSS. Rien de désagréable, simplement une étrange sensation de découvrir quelque chose de connu. De toute façon le froid a très vite ouvert les valves de mon nez, mes cloisons nasales se sont misent en stand-by et cette odeur si mystérieuse s’est peu à peu atténuée.

Pour finir, la neige que j’aime tant tombait mais se transformait en fine pluie. Quel choix Cornélien : choisir entre mon amour pour la neige ou pour celui de la photo. Mon 7D est étanche certes mais il y a des limites. 

 

Pour remédier à tout ça et changer mes premières impressions, je décidais dès le premier jour de déposer mes affaires à hôtel et ni une ni deux, la ville, son histoire et ses richesses ne pouvaient attendre ! La journée était déjà bien entamée mais pour les quelques heures qu’il me restait avant que tout ne ferme, je décidais de commencer par le religieux.

 

J’ai donc marché deux minutes à partir de mon hotel pour visiter la Cathédrale protestante du Dôme. Les premiers bâtiments de cet imposant édifice sont datés de 1211. Au fur et à mesure des époques, son style change. Romane, baroque, gothique… la cathédrale est passée par toutes les modes et de nombreux ajouts y ont été fait, notamment son clocher qui fut érigé en 1776 et elle se vit un peu plus tard entourée d’un cloître considéré encore aujourd’hui comme un chef d’oeuvre d’architecture. Si il faut s’attarder quelques minutes sur sa chaire très finement sculptée datant du XVIIème siècle, sont orgue doit attirer toute notre attention. Lors de sa fabrication en 1884, ce magnifique et monumental instrument à vent était le plus grand du monde avec un total de 6718 tuyaux. Le célèbre compositeur hongrois Franz Liszt (1811-1886) écrivit même un morceau pour son inauguration. A part cela, cette cathédrale manque un peu de charme. Tout y est comme neuf, froid et sans âme. Je mis suis quand même attardé pour une chose : l’odeur - encore une fois. En effet, les fresques qui ornent le balcon de l’orgue étaient en restaurations. L’odeur de la peinture me rappelait celle des ateliers des Beaux-Arts de Paris. Madeleine de mes années d’études, je replongeais sur les quais de Seine tout en les observant en plein travail.

 

 

Je me suis ensuite dirigé non loin de là vers l’église Saint-Pierre - Pētera baznīca. Le portrait de Luther nous y accueil froidement dès notre entrée. La encore rien de bien intéressant à voir dans cette église. Les mobiliers médiévaux furent pillés lors de la Réforme et les vestiges de la seconde guerre semblent éparpillés un peu n'importe comment. Une exposition de photos sur la vie en Lettonie vient “ égailler ” (si on peut utiliser ce mot) le lieux. Le meilleur se trouve sans nul doute à 72m de haut. Après avoir monté quelques escaliers, un vieille homme parlant deux mots d’anglais nous fait monter dans un ascenseur peu rassurant et nous amène quelques étages plus haut, dans le clocher. Une fois arrivé, la vue est imprenable. Peu importe les bourrasques de vent, la neige, le brouillard et la nuit tombante, j’étais seul, la ville à mes pied. Même si je ne suis pas resté longtemps à cause de mes os qui commençaient à geler, je ne regrette pas d’y être allé. Il faut tout de même débourser 9€ (cher !!!) pour s’offrir ce petit plaisir.

 

 

Pour finir ma journée, j’ai ensuite marché de nuit - le soleil se couchant à 16h en cette saison - dans la vieille ville et ses environs. Tout y est éclairé par les vitrines et devantures des magasins. Le soir, les rues se transforment et l’on passe de la ville austère et soviétique, à un petit village de Noël. Si Riga le jour est intrigante, Riga la nuit est émerveillante. L’une des choses primordiale pour apprécier cette ville est de lever la tête et les yeux ! Il n’y a rien - ou presque rien - d’intéressant à moins de trois mètres de hauteur. Les routes accidentés ou pavées n’ont rien à offrir - ni le regard indifférent des Lettons. Toutes la beauté se trouve sur les façades d’immeubles et dans le mélange Art Nouveau / Baroque qui s’y mêle. Attention tout de même à ne pas se faire percuter par un de ces vieux tramways dont les freins semblent suspects.

 

Le lendemain, nouvelle journée, nouvelle problématique. Je décidais de m’attaquer cette fois à la culture et à l’Art Letton.

 

Première étape matinale, le musée de la Bourse - Rīgas Birža. Ancienne bourse de Riga, vous l’aurez deviné, le bâtiment richement décoré abrite de belles collections. Au rez-de-chaussé, une exposition d’art contemporain finlandais me met dans le jus. Les étages eux sont consacrés aux Arts anciens. Au premier, des objets, costumes et oeuvres venus de Chine (dont des chaussures pour femmes aux pieds bandés), du Japon, de Java et même d’Égypte antique. Au second, plus intéressant pour moi, des peintures XVIIème - XIXème siècle, principalement d’Europe de l’Ouest et du Nord (le Biard que j’étais venu cherché doit être resté dans les réserves). Enfin, un long couloir est réservé à de la céramique en tout genre. Les collections sont riches même si rien ne fait particulièrement la différence.

 

  

Ensuite, j’ai vagabondé dans la rue avant de me diriger vers ma seconde destination. Il m’était obligé de passer par la porte Suédoise - Zviedru varti, afin de comprendre ce nom trouvé dans le Routard. Ancienne partie des remparts du moyen-âge, elle est ainsi nommée car, selon la légende, le roi de Suède serait entré dans la ville par cette porte.

 

Non loin de la plusieurs bâtiments à voir se côtoient. Sur Amatu iela, la maison du chat fut construite en 1909. Ses toits coniques sont surmontés de chats noirs. A la fin du XIXème siècle, son propriétaire fut exclu de la Grande Guilde (le bâtiment juste en face) et pour se venger, il ordonna à ce que les chats tournent le dos à la guilde pour ainsi montrer leurs dernières. L’animal devint par la suite le symbole de Riga.

 

 

Juste en face donc, la Grande Guilde - Lielā Ģilde. Elle fut construite au XIIIème siècle et abritait les riches marchands - pour la plupart allemands. Un siècle plus tard, la petite guilde fut créée pour les marchands moins importants (bâtiment proche copiant l’architecture d’un château médiéval). Enfin les marchands lettons eux étaient quand à eux regroupés en une troisième confrérie beaucoup moins prestigieuse.

 

Après la traversée à pied des jardins de Bastejkalns, il m'était indispensable de m’arrêter cinq minutes pour observer la relève de la garde du monument de la Liberté - Brīvības Piemineklis. Ce mémorial érigé en l'honneur des disparus de la guerre d'indépendance lettone (1918-1920) est gardé par deux soldats. Lorsque que vient l’heure de la relève (ou de leur marche de contrôle ?), ces dits gardes perturbent le trafic car le moment sert en réalité de rond point autoroutier. Pour vous faire une idée, imaginez notre garde républicaine marcher au pas militaire en plein milieu du carrefour de la Bastille sans que les voitures ne s’arrêtent … avec certes moins de voitures ... 

 

Prochain arrêt, le musée national des arts de Lettonie - Latvijas Nacionālais mākslas muzejs. Les collections sont assez intéressantes et il y en a pour tous les goûts. Au rez-de-chaussé, de l'art moderne soviétique - il faut aimer et probablement avoir quelques notions pour comprendre. Entre propagande et révolte, ce genre de peinture ne me touche pas vraiment même si j’y ai trouvé quelques perles. L’étage est quant à lui réservé à l'art pictural du XIXème. La Lettonie de l’ancienne époque y est décrite et retranscrire avec fidélité. C’est un retour dans le passé dans la vie quotidienne du peuple rural balte. C’est également une façon originale de découvrir les costumes traditionnels du pays. Enfin, au dernier étage, une très belle exposition temporaire de gravures dans des salles avec plancher en verre qui laisse voir l’étage inférieur sous nos pieds. Tout en haut sous la toiture, une exposition de ... je n'ai pas vraiment compris …

 

Cette journée fut très chargée et elle est loin d’être terminée …

 

J’ai ensuite pris le pas vers le quartier Art Nouveau de Riga. Encore une fois, il faut lever les yeux pour en profiter un maximum. Les façades d’immeubles à décorations florales sont fascinantes. C’est un retour au siècle dernier ouvrant à nos yeux les portes de la Belle Époque. Au recoin de Alberta iela, une maison est à visiter absolument - surtout pour les amoureux de ce courant artistique. Le musée des Arts Nouveaux - Jugendstila muzejs, nous offre une reconstitution fidèle et subjuguante d’un appartement de cette époque. Tout est de très belle facture. De plus, le personnel est ouvert et accueillant ce qui change des autres musées lettons ... Nous entrons par le salon, puis nous nous rendons à la salle à manger puis au salon de thé. Une femme habillée selon la mode du XIXème y est assise et lit un livre. Ensuite vient la cuisine, le garde manger, la chambre de bonne, la chambre de madame et enfin les commodités. Le moindre détail est soigné. Tout est figé dans le temps avec une précision d’horloger.

 

 
Après cette belle visite, rien ne pouvait m’arrêter. Ni mon sac à dos rempli de matériel photo qui pessait une tonne, ni mes pieds qui commençaient à faire des caprices. Je décidais donc de me diriger vers un quatrième musée, celui des chapeaux ethniques - World of Hat Museum. Je ne me souviens plus comment j’ai trouvé ce lieu car il n'apparaît pas dans les guides mais son nom m’a tout de suite intrigué. En cherchant des photos sur internet, je voyais que des coiffes de Laponie y étaient exposées, je me devais donc d’aller voir sur le champ ! Leurs collections sont incroyables.  Tous les continents sont représentés. Bretagne, Grand Nord, Mongolie, tribus divers d’Afrique ou d’Océanie ... autant de nations qui se côtoient dans ces vitrines. Le seul petit bémol à noter est le prix de 5€ qui est je trouve, assez cher pour visiter trois petites salles dont on fait assez vite le tour.

 

 

Il me restait un peu de temps en fin de journée. Je l’ai donc mit à profit pour visiter la maison des Têtes Noires - Melngalvju nams. Tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, le bâtiment est magnifique et richement décoré. Sa façade de style Renaissance flamand fait de cette place de la maire, l’une des plus belle de la ville.

Si un jour je suis détruit, s’il vous plaît, reconstruisez-moi ! ”. L’édifice construit au XIVème siècle porte bien sa devise. Détruit pendant la Seconde Guerre Mondiale, puis dynamité par les soviétiques en 1848, il fut reconstruit plusieurs fois à l’identique par les lettons. Saint Maurice d'Agaune, qui était égyptien (et noir) en est l'emblème. La Confrérie de La Tête Noire fut créée en 1399 et était active en Estonie et en Lettonie. Ses membres étaient tous des célibataires ainsi que de riches marchands étrangers.

Il est impressionnant de visiter au sous-sol, les ruines et les vestiges des premiers bâtiments. Les étages sont quant à eux opulents : pièces d’argenterie énormes, dorures et bois rares, mobiliers précieux … On comprend aisément pourquoi le président letton est venu vivre ici lorsque que le château qu’il occupe en temps normal, était en travaux.

  

 

 

 

 

Fin de journée en traînant les pieds et arrêt obligatoire au stand pharmacie pour y acheter des pansements pour soulager les ampoules. Six heures de marche quasi non stop ont eut raison de mon corps. Comme quoi les chaussures sont importantes. Sept jours sur le Kilimanjaro avec des chaussures de marche et je n’ai rien eu. Une journée de marche à Riga et c’est le drame !

 

 

   

 

 

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