Un soi-disant portrait de Léonie d'Aunet




Si Léonie d’Aunet s’est fait connaître comme étant la première femme à avoir visité l’archipel septentrional du Svalbard à l’âge de vingt ans ; l’Histoire la retient davantage pour son aventure passionnée avec le très célèbre Victor Hugo - aventure qui manqua d’ébranler le titre de pair de France récemment acquis par le poète. De son vivant le tout Paris s’accorde à vanter la grande beauté de la jeune femme et certains portraits dessinés ou peints circulent à la métropole. Mais que reste-t-il aujourd’hui de ces représentations ?


À Paris, la Maison Victor Hugo conserve un dessin représentant Léonie croquée par un artiste inconnu. Ce dessin repris en gravure sera publié en frontispice de l’édition illustrée de son ouvrage Voyage d’une femme au Spitzberg. Le musée Carnavalet a quand à lui dans ses collections une photographie d’Étienne Carjat développant le profil d’une aventurière assez âgée. Louis Guimbaud et Jean Savant - deux biographes ayant travaillé sur sa vie tumultueuse - citent dans leurs ouvrages plusieurs représentations dont il ne reste que peu - voir pas du tout - de trace. Selon eux, il existerait un portrait d’après Charles Saunier ; un second d’après Léon Seché ; deux miniatures de Léonie enfant / jeune ; et un dessin la représentant du temps de sa rencontre avec son mari, le peintre François-Auguste Biard.



A gauche : Portrait de Léonie Biard d'Aunet - dessin par un artiste anonyme - 49.5 x 38 cm - collection de la Maison de Victor Hugo (1523)

A droite : Portrait de Léonie d’Aunet - photographie par Etienne Carjat - 9.2 x 5.4 cm - collection du Musée Carnavalet (PH46658)



La peinture la plus connue et la plus utilisée afin de l’illustrer est sans nul doute la toile peinte par F.-A. Biard et conservée au Château de Versailles. Il s’agit d’un petit format assez intimiste ressemblant davantage à une esquisse qu’à une oeuvre terminée. Pourtant, la toile est donnée comme ayant été accrochée au Salon de Paris de 1842. De par ses dimensions et son traitement graphique, il est assez impensable qu’une telle œuvre ait pu figurer sur les cimaises officielles. La toile de Salon reste donc encore quelque part dans la nature mais là n’est pas la question car un autre mystère plane autour d'elle.


En 1948, Henri Reboul - mari d’une des filles de Biard - legs à Versailles deux autoportraits de l’artiste, ainsi qu’un portrait de Madame Biard. Seul problème, une information - et non des moindres - a échappé au conservateur chargé de faire rentrer les oeuvres dans les collections. En effet, le notaire exécutant les voeux du légataire, parle d’une " Madame Biard née Gisclon " … Il s’agirait donc, non pas de Léonie d’Aunet, mais de la seconde épouse de F.-A. Biard à savoir Élisa Flore Gisclon.


Depuis soixante-dix ans maintenant, cette peinture sert donc à représenter la jeune aventurière parisienne dans divers articles, romans, biographies et autres … Mais il semblerait que les historiens se soient fourvoyés et que le portrait d'une femme passe pour être celui d’une autre.


Les recherches continuent ...


Léonie d'Aunet - peinture par François-Auguste Biard - 24.5 x 21.5 cm - collection du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon (MV 7393)



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