Baptiste Henriot | Voyages | Explorations | Découvertes | Europe | Asie | Scandinavie | Afrique | François-Auguste Biard | Auguste Mayer | Corvette La Recherche | Spitzberg | Expertise  | Léonie d'Aunet

©Baptiste Henriot 2016-2019

Toutes les images et les textes de ce site web sont soumis au droit d'auteur. Toute utilisation est interdite sans mon autorisation.

All images and texts on this website are subject to copyright. Any use is prohibited without my permission.

Nairobi, Kenya - Le passage de la ligne

13 Jun 2017

 

 

 

Le passage de l'hémisphère Nord à l'hémisphère Sud, plus communément appelé Passage de la ligne - de l'Équateur - a toujours été un événement marquant pour les voyageurs. Des générations de marins puis de touristes embarqués sur les navires afin de découvrir le monde, ont subis un rite de passage obligatoire et un peu particulier...

 

" La fascination que l’Homme porte à la mer ne date pas d'hier. Depuis les pétroglyphes de Gobustan en passant par les invasions de la flotte normande, les batailles navales anglo-néerlandaise jusqu’aux nombreux naufrages du XIXe siècle (dont le plus célèbre reste en France celui de La Méduse en 1816 illustré par Théodore Géricault (1791-1824) quelques années plus tard), la mer ne cesse d’inspirer les Hommes qui tentent de la maîtriser.

 

Dans toutes les mythologies existantes, les océans tiennent une place importante car ils apportent la vie, mais également la mort. L’appel de l’Ailleurs se fait ressentir et certains mythes la Terre Promise ou ceux plus contemporains comme celui de l’Eldorado, se révèlent plus forts. Le romantique combat entre une chimère et l’inconnu fascine François-Auguste Biard (artiste dont je suis expert). Il peint les océans chauds et dévastateurs du Pacifiques ainsi que les mer froides du Nord où flottent des icebergs au traître silence. Mais les Hommes ont aussi fait leurs lois sur les eaux. Après avoir parcouru une mer parfois violente battue par des vents forts qui mettent à l’épreuve les plus courageux, le franchissement de la ligne de l’Équateur symbolise, avec un peu de légèreté et d’humour, le temps qui s’arrête. Le passage de cette «Ligne» est une tradition et un rite initiatique instaurée après à la découverte du Nouveau Monde et de nouveaux passages vers le Levant. Peu importe leur titre, leur classe ou leur grade, tous les voyageurs subissent un renversement d’ordre social. Le passage de l’équateur symbolise le basculement vers un monde inconnu. Le bateau se transforme ainsi jeu forain et en théâtre ambulant. Les convertis bizutent les jeunes matelots. Tous sont déguisés, peints, couverts de nourriture et interprètent une pièce burlesque. Sur scène, Neptune, le tout-puissant dieu de la mer, accompagné de ses tritons prononce la sentence ainsi que l’accomplissement de la cérémonie. L’immersion totale dans l’eau est signe de la purification et de la renaissance du marin. Ce rite vécu et illustré par Biard (voir illustration ci-dessous) s’explique de l’angoisse éprouvée par des navigateurs voguant entre deux hémisphères, entre le calme plat et la tempête, entre la chaleur étouffante et les pluie torrentielles… vers l’inexploré aux allures de l’enfer. " *

 

Pour ma part, ce premier passage ne s'est pas effectué par bateau mais par avion. Loin des bizutages de la marine, j'ai pu franchir en toute sécurité et en toute sérénité cette ligne de l'Équateur grâce à mon vol Paris-Nairobi.

 

L'émotion est grande. Je quitte les 25° de l'été parisien pour rejoindre les 23° de l'hiver Africain. Sans avoir réellement le temps de fêter cette nouvelle étape, je me hâte pour ne pas rater ma correspondance en direction l'aéroport du Kilimanjaro.

 

 

* Extrait du catalogue raisonné de François-Auguste Biard que je suis entrain d'écrire. 

 

 

Pour en découvrir d'avantage : 

Neptune's Realm - The Bizarre US Navy Equator Initiation Ritual, FDR Presidential Library

François-Auguste Biard, Le Baptême sous la ligne ; scène de la vie maritime

Huile sur toile, 1834, 130 x 160 cm, collection privée

 

 

 

 

 

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload