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Kilimanjaro, Tanzanie - Hakuna matata la devise des porteurs

28 Jun 2017

 

 

 

En Swahili, hakuna matata signifie pas de soucis / aucun problème. Si cette phrase a été popularisé par les studios Disney avec la chanson du Roi Lion, elle représente une réelle philosophie que tout le monde adopte sur les flancs du Kilimanjaro. Ceux qui la respecte le plus sont probablement les nombreux porteurs qui font mine de ne pas souffrir de leurs conditions de travail. Si il y a bien des hommes qu'il faut saluer pour leur courage ce sont eux, nos porteurs qui arpentent chaque jour les pentes du toit de l'Afrique.

 

Nous étions un petit groupe de deux à partir à l'assaut de cette montagne mythique. Avec moi, Adrian, étudiant en commerce à Londres originaire de Singapour. Pour nous accompagner, deux guides : Paul et Georges ; un chef cuisinier : John ; et huit porteurs pour transporter nos affaires, nos tentes, le messe, la nourriture, l'eau, les matelas ... : Deo, Idd, Raymond, Bahati, Shabani, Robert, Franck et Marusu.

 

Onze locaux pour deux touristes. Cela fait beaucoup de logistique et de monde pour si peu. Partis le même jour que nous, un autre groupe cette fois ci d'une vingtaine de personnes étaient quand à eux accompagnés de près de cent-dix porteurs. Ce groupe de luxe apparaissait comme une réelle expédition sur les flancs de la montagne. Dans leurs bagages, lits pliables, toilettes privés et cabines individuelles ... tout un confort qui est au final très exhaustif et qui n'empêchera pas l'abandon de nombreuses personnes dès le second jour.

 

Sous la tente du messe, chacun est à sa place. Assis sur des chaises, les visiteurs (Adrian et moi) et Paul notre guide principal et expérimenté - plus de 200 montées à son actif...

Le chef lui s'assoit sur une caisse et prépare les repas. Un des porteurs l'aide à éplucher et couper les légume. Un second fait la vaisselle. Tous les autres assis par terre patientent et dorment tête bêche pour se tenir au chaud.

Pour manger, même histoire. Nous mangeons avec Paul et les autres attendent notre départ pour manger. Si nous avons le droit à beaucoup de choses variées comme de la viande, du pop-corn et des fruits, eux se contentent à tous les repas de l'Ugali, aliment de base d'Afrique de l'Est préparé à base de farine de maïs. Les Tanzaniens raffolent de ce plats qu'ils mangent deux fois par jours - Georges ira même à quitter un restaurant qui n'en prépare pas - mais cela me dérange de manger seul devant tout une assemblée.

 

Avant d'être guide ou chef, tous doivent passer par la case porteur. C'est une vie difficile et dangereuse mais elle représente l'une des seule source de revenue de la région. Pour 8$ par jour, les chutes et les factures ne sont pas rares. Avec une charge pouvant aller jusqu'à 28 kilos, ils portent sur leur dos et sur leur tête tout ce qu'il nous est nécessaire pour vivre durant l'ascension. Pour un trajet que nous mettons environ quatre heures à compléter sur un rythme Pole Pole, eux mettrons ... une heure, voir deux si il faut escalader et si il y a des passages difficiles. Au pas de course, ils nous doublent sur les terrains instables, sans frémir et sans montrer signe de fatigue ou de peur. Ces hommes - et très rares femmes - sont impressionnants. Même si certains d'entre eux connaissent par coeur les routes du Kili, ils ne peuvent que forcer le respect pour cette dure vie en quête du moindre dollars et aidant tous ces grimpeurs à accomplir leurs rêves.

 

Ce sont eux les héros de cette aventure car certains - comme notre guide Paul - ont atteint Uhuru Peak des dizaines voir des centaines de fois. Les gratifier de quelques tips en fin de séjour n'est donc pas cher payé en comparaison du mal et des sacrifices qu'ils endurent pour nous créer des souvenirs inoubliables. 

 

 

   

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