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Istanbul, Turquie - La cité aux trois mille mosquées

27 Mar 2017

  

 

 

Byzance, Constantinople, Istanbul …

Byzantins, Romains, Ottomans, Turks …

 

La riche histoire de cette ville ainsi que sa fondation débutent il y a vingt-huit siècles, vers 860 avant J.C., avec une troupe de mégariens ayant à leur tête un certain Byzas. Ils s'installent dans l'actuel quartier de Sultanahmet, non loin d'où se trouve aujourd’hui le palais de Topkapi. Implantée sur une colline, cette colonie profite d’une situation qui lui permet d’avoir un contrôle total sur le Bosphore et son détroit, tout en étant un poste de surveillance optimal de la rive orientale.

 

Près d’un millénaire après, en 324, l’empereur Constantin s’empare de Byzance et fait de cette ville la capitale de l’Empire romain. Fraîchement entourée de remparts, la Nouvelle Rome appelée Konstantinou Poli est inaugurée en 330. Peu de temps après, la première basilique Sainte-Sophie est érigée et dédiée à la sagesse divine. À la chute de Rome en 476, l’Empire byzantin garde Constantinople comme cité mère.

 

En 1453, la ville passe aux mains des Ottomans. Fatih Sultan Mehmet (1432-1481) fait de la basilique, une mosquée et Constantinople devient alors la capitale d’un nouvel empire.

Au XVIème siècle, sous Soliman le Magnifique (1494-1566) et sous François Ier (1494-1547), Constantinople dépasse de loin la plus grande ville d’Occident - Paris - et devient la plus grande ville du monde avec près de 500 000 habitants. Cette période est florissante pour la cité. De nombreux récits de voyageurs européens sont retrouvés et confirment l’importance de la Corne d’Or dans le commerce et les échanges culturels de l’époque.


Enfin, sous l’ère moderne, Mustafa Kemal Pacha dit Atatürk (1881-1938) décide de faire déplacer la capitale de la toute nouvelle nation Turc à Ankara, au coeur de partie asiatique du pays...

 

 

Se retrouver dans les rues de cette ville nous fait revenir des siècles plus tôt. Point de rencontre entre la culture orientale et la occidentale, chaque pavé est chargé d'histoire.

Les vendeurs de simits (sorte de brezels turcs) se mêlent aux courses infernales des taksis jaunes. Les pêcheurs du pont de Galata s'alignent comme des Baklavas sur les rayons de Hafiz Mustafa. Les broches à kebabs tournent sans cesse au rythme des derviches...

Aux heures de prières, les muezzins se répondent et rivalisent de leurs chants pour appeler les fidèles. C'est à ce moment la que l'on remarque qu'à chaque coin de rue, une mosquée est présente.

 

Cette ville est un diamant et il est probablement impossible d'en explorer les milles facettes mais y passer quelques jours à la recherche d'un des berceaux de la culture européenne reste une expérience inoubliable.

 

 

A lire ci dessous, quelques uns des plus beaux monuments d'Istanbul :

 

La mosquée Sokollu Mehmet Pacha - Sokollu Mehmet Paşa Camii

La mosquée Bleue - Sultanahmet Camii

La basilique Sainte-Sophie - Hagía Sophía

La mosquée de Soliman le Magnifique - Süleymaniye Camii

La Citerne Basilique - Yerebatan Sarnıcı

Le palais de Topkapı - Topkapı Sarayı

 

 

   

Vue sur le Bosphore et sur la partie Orientale d'Istanbul, à partir de terrasse de la mosquée de Soliman le Magnifique

 

La mosquée Sokollu Mehmet Pacha - Sokollu Mehmet Paşa Camii

 

Construite en 1571 par Mimar Sinan (1489-1588) - l’architecte favori de Soliman le Magnifique (1494-1566) - elle est l’une des plus impressionnante mosquées de la ville (malgré sa petite taille et son “unique” dôme). Commandée par la fille du sultan Selim II (1524-1574) en l’honneur de son mari le grand vizir Sokollu Mehmet Paşa (1505-1579), elle renferme quelques unes des plus belles faïences d’Iznik. Elle est également exceptionnelle car elle conserve plusieurs morceaux de la Pierre noire de la Kaaba de la Mecque (la “Mosquée Sacrée”).

 

La mosquée Bleue - Sultanahmet Camii

 

Érigée pour rivaliser avec sa voisine Sainte-Sophie, la Mosquée Bleue fut terminée en 1616 après six ans de travaux et est aujourd’hui le lieux de culte le plus célèbre de la capitale culturelle Turc. Commandée par le sultan Ahmet Ier (1590-1617) à un disciple du plus célèbre des architectes Ottoman Sinan, la légende raconte que le souverain, tellement impatient de la voir achevée, se mêlait aux ouvriers tous les vendredis pour les aider. De l’extérieur, cette mosquée est une oeuvre d’art. De l’intérieur, c’est une perfection. Elle tire son nom de ses 260 vitraux qui reflètent la lumière du soleil à toute heure, mais surtout à ses 21 000 carreaux de faïence d’Iznik qui en font l’un des plus beaux bijoux du savoir-faire musulman.

 

Sultanahmet Parki vers 16 heure pendant l'appel à la prière 

 

Basilique Sainte-Sophie - Hagía Sophía

 

L’histoire de la basilique Sainte-Sophie commence en 360 et est riche de nombreux épisodes. Construite en un peu moins de six ans, sur les ruines de deux autres édifices (incendiées en 404 et en 532), elle est inaugurée en 537 par l’empereur Justinien (482-565). Pour satisfaire son épouse Théodora (500-548) mais également pour rivaliser avec le Temple de Jérusalem, les dimensions du sanctuaire sont à couper le souffle : sa coupole de 32 mètres de diamètre culmine à 56 mètre du sol. Ce chantier nécessitant 10 000 ouvriers place la majesté de son dôme - à cette époque - en seconde position après celui Panthéon de Rome (43 mètres).

Après la prise de Constantinople le 29 mai 1453, le sultan Mehmet II (1432-1481) en fera une mosquée. Les symboles chrétiens sont remplacés par des attributs musulmans, des médaillons de 7 mètres portant les noms d'Allah, de Mahomet et des premiers califes sont accrochés aux murs, les mosaïques sont recouvertes d'enduit ... Elle restera ainsi jusqu’en 1935 puis sera transformée en musée sous les ordres d'Atatürk (1881-1938).


Ce chef d’oeuvre monumental imaginé par les architectes grecs Anthémios de Tralles (474-434) et Isidore de Milet (442-537) renferme quelques unes des plus belles mosaïques de l’époque byzantine. A la tribune notamment, après avoir passé l’imposante porte en marbre de la galerie Sud se trouve la Déisis : le jour du jugement dernier, la Vierge Marie à droite du Christ et Jean-Baptiste à sa gauche, prient pour le salut des chrétiens (voir photo ci dessous).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La mosquée de Soliman le Magnifique - Süleymaniye Camii

 

Seconde plus grande mosquée d’Istanbul après Sainte-Sophie, la mosquée de Soliman le Magnifique est construite entre 1550 et 1557 par l’architecte vedette Sinan (une nouvelle fois). Ici, pas de faïence mais de magnifiques fresques peintes avec une salle de prière lumineuse aux proportions saisissantes.

Au pied de cette imposante construction, près des jardins et du cimetière, reposent dans de petits mausolées son créateur ainsi que le sultan à qui est dédié cet édifice.

 

La Citerne Basilique - Yerebatan Sarnıcı

 

Le "Palais englouti" est l'un des monuments les plus impressionnant et les plus beaux de la vieille ville d’Istanbul. Construite sous Justinien en 542, cette ancienne citerne byzantine de huit mètres de haut et de cent quarente mètres de long, fut totalement oubliée à l’arrivée des Ottomans puis redécouverte en 1545. A partir de cette date, elle servait à alimenter en eau la demeure des sultans, le palais Topkapi.

Douze rangées de vingt-huit colonnes surmontées de chapiteaux ioniques et corinthiens forment cette forêt de piliers, tous récupérés sur d’anciens temples. Au fond de cette basilique souterraine, trois colonnes attirent notre attention : la première est sculptée de nombreuses larmes énigmatiques. Selon d’anciens textes, ces perles sont là pour commémorer les nombreux esclaves morts lors de la construction de cet édifice. Quant aux deux autres mystérieuses colonnes, elles reposent sur des socles en forme d’énormes têtes de Méduses. Originaires de la cité de Didymes, ces Gorgones ont leurs têtes tournées vers bas ou sur le côté pour ne pas transformer en pierre ceux qui les regardent. Dans l’antiquité, ces visages servaient à éloigner les mauvais esprits et il est possible que ces statues aient été placées ici dans le même but (voir les photos ci dessous).

 

Le palais de Topkapı - Topkapı Sarayı

 

Je fini cet article par une note moins enthousiaste avec le palais Topkapi - Topkapı Sarayı. La “porte du canon” était la résidence principale des sultans, de Mehmet II (1451-1481) à Mahmut II (1808-1839).

Posés sur une petite colline, le palais et ses jardins donnent à voire une magnifique vue sur tout le Bosphore et sur la rive asiatique. Ce complexe construit à la façon des nomades est composé d’une multitude de petits kiosques qui se succèdent et qui rappellent un camp de tentes.

Le plus imposant des bâtiment est le colossale harem construit en partie par Soliman le Magnifique et son architecte Sinan (voir dernière photo). Composé de trois cents pièces, il pouvait accueillir jusqu’à mille personnes dont la reine mère, les favorites, leurs parents, les domestiques, les nourrices … Le seul homme à y entrer était le sultan - sans compter le médecin, les ouvriers et les eunuques.

 

De nombreuses salles peuvent être visitées : cuisines, pavillon des audiences, bibliothèque, salle du trésor, ancien hammam, salle des portraits, pavillon des reliques saintes, salle du trône (voir première photo ci dessous)…

Point étonnant, les sultans n’avaient pas réellement de pièce où dormir. Même si il est possible de visiter la célèbre chambre de Murad III - qui possède sa propre fontaine pour empêcher les oreilles indiscrètes d’entendre les conversations privées ou les ébats amoureux - les anciennes générations et traditions nomades sont là encore visibles. Contrairement aux souverains occidentaux, les sultans mangeaient seuls et faisaient dresser leur lit là ou ils avaient envie.


Même si ce palais est grandiose par ses dimensions et son histoire, le voici résumé en quelques mots : nombre insupportable de touristes - même si je ne paye pas les musées je trouve le prix d’entrée excessivement cher (17€ + plan payant!!!) - restaurant et snacks hors de prix - personnel ne parlant pas anglais, qui donne de mauvaises informations et de fausses directions - les salles ne sont pas entretenues, les faïences sont abîmées et rien n’est en parfait état (beaucoup de travaux en ce moment donc cela va peut être changer, du moins je l’espère)… dommage…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

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