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Jérusalem et Néguev, Israël - Terre entre histoire et conflits

7 Apr 2012

 

 

 

Israël...

 

Pays chargé des histoires les plus belles comme des plus dramatiques.

 

Berceau des grandes religions, il est possible de voir “cohabiter” musulmans, chrétiens, juifs, éthiopiens et arméniens dans des quartiers juxtaposés les uns aux autres. Cette vie communautaire quelque peu forcée n’est pas toujours facile et sans rentrer dans des histoires de politique, voir ces peuples, ces églises, ces mosquées et ces différentes cultures se mélanger reste quelque chose d’incroyable à voir. A mesure que l’on se promène dans les souks, nous passons, à côté de vendeurs de fruits secs et d’épices, à côté des marchands de foulards et de souvenirs, à côté de bouquinistes et d'anciens tatoueurs (qui encrent de petites croix sur les bras des pèlerins depuis des siècles)... Cette ville est grandiose et remplie d’histoires. On apprend que les portes monumentales qui entourent la ville ont été construites sous Soliman le Magnifique pour empêcher les chevaux d'entrer au galop dans les rues. Plus loin, le dôme du Rocher (qui abrite le rocher de la création judaïque), est accolé aux vestiges du mur d’enceinte de la ville et au cimetière du Mont des Oliviers. Au milieu de tout cela, l’église du Saint-Sépulcre contenant le tombeau du Christ. Nous pourrions continuer des heures et des heures à en parler des Cananéens, des Romains, des Byzantins, des Mongols, des Ottomans … C’est plus de 4 000 ans de récits passionnants que cette citée a à nous raconter ...

 

Pour ma part, je ne suis ni religieux, ni croyant, mais il faut dire que se retrouver au pied du mur des Lamentation un jour de shabbat a quelque chose de mystérieux. De longues minutes s'écoulent à écouter les chants des hommes qui récitent la Torah. Un étrange envoûtement nous pénètre et nous transporte en plein mysticisme.

 

Il faut dire que j’écris cet article cinq ans après les faits. Ma mémoire me fait quelque peu défaut mais les émotions sont toujours présentes en regardant les photos et en écoutant les enregistrements.

 

En 2012, après avoir passé quelques jours à visiter Jérusalem (et manqué de me faire lapider dans le quartier ultra-religeux de Meha Chearim), et avant de me rendre à Tel-Aviv, je me suis rendu sur les rives de la Mer Morte, en Palestine, puis dans le désert de Néguev, pour y marcher pendant quelques jours.

 

Plusieurs précautions sont à prévoir avant un trek comme celui la. Premièrement, emporter des vivres et de l’eau pour tenir le temps de cette marche car il est difficile voir impossible de se ravitailler en route. 3 litres d’eau par jour sont obligatoires à une telle aventure. Sous une chaleur constante de 40° et sans une miette d’ombre pendant des heures et des heures, tout ce que nous possédons de liquide devient vite notre plus grande richesse. Deuxièmement, il est obligatoire d’avoir un guide avec soi pour ne pas se perdre. Enfin, il est également obligatoire de se faire accompagner par une personne armée - et bien évidemment, je n’en avais pas. La plupart des forces militaires que nous voyons dans les rues sont des jeunes effectuant leur service militaire. Cette présence omniprésente peut-être oppressante. A chaque fois que nous entrons dans un lieu public, nous sommes fouillés. Nous connaissons ces mêmes contrôles à Paris depuis les attentas de 2015 mais ici, l’oppression est d’autant plus accentuée par le fait que ces jeunes restent constamment en tenue et armés ; que ce soit dans les musées, les transports, les restaurants … jusque chez eux.

 

Ce garde armé obligatoire pour la traversée du désert est du aux conflits qui existent entre Israël et les pays frontaliers. Lorsque nous marchons en direction du Sud, la frontière Jordanienne se trouve à l’Est et la frontière Égyptienne à l’Ouest. Il arrive que des groupes armés entrent dans le pays voisin. C’est ce qui est arrivé deux jours avant ma marche. Des échanges de tirs ont eu lieu entre les forces Israéliennes et Égyptiennes. Cette menace est visible n’importe où dans ce désert de roches. Il n’est pas rare de tomber sur des douilles de fusils automatiques ou même sur des restes de roquettes (rappel à moi même : ne plus ramener tout ça dans mas bagages pour ne pas revivre un chemin de croix à l’aéroport ... ).

 

Des rencontres hors normes peuvent être faites dans ce désert. Après avoir croisé UN arbre et entendu des hyènes pendant la nuit, j’ai eu l’étrange chance de croiser un groupe de hippies qui traversaient pieds nus le pays du Sud au Nord. Ce groupe nommé Walk About Love, est un rassemblement de gens marchant la journée et s’arrêtant la nuit tombée pour faire la fête. A cette époque, j’avais encore mes locks. Peut être m’avaient-ils prit pour un des leurs car une très jolie jeune femme m’offrit des clémentines avant de partir avec un sourire rayonnant.

Cette marche est longue et difficile à cause de la chaleur mais heureusement, les paysages qui s’alignent devant nous sont à couper le souffle. Les montagnes sont peintes avec une palette incroyable, les strates de terre nous font remonter le temps et les âges. Puis soudain, les teintes changent brutalement. Nous nous trouvons au point de rencontre entre les plaques tectoniques africaine et arabique.

 

Parti de Beer-Sheva et après plusieurs dizaines de kilomètres, la ville de Eilat se rapproche petit à petit annonçant une pause bien méritée. La plage nous offre un endroit parfais pour faire une pause, se décontracter après cette longue marche et plonger dans l’eau chaude de la Mer Rouge afin d'y admirer les coraux et poissons vivant dans ce magnifique récif.

 

Juste avant de partir pour l’aéroport, je rencontre à Tel-Aviv un français expatrié de quarante ans. Ce personnage hors norme me raconte ses plus folles théories politiques et me confit avoir passé plusieurs mois en prison (en Russie ou je ne sais plus où). Après lui avoir raconté que j'étais étudiant aux Beaux-Arts de Paris, il me demande le plus sérieusement du monde : “ d’après toi, dans cinquante ans, qui sera le plus grand artiste de tous les temps ? ”. Ne sachant pas quoi répondre, il me donne cette réponse : “ Hitler ”... J’ai alors mit fin à notre discussion et à mon petit déjeuné, pour sauter au plus vite dans un taxi en direction du retour et vers mes trois heures de fouilles à l’aéroport international …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

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