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Goli Otok, Croatie - La prison de marbre

17 Nov 2013

 

 

 

En pleine mer Adriatique, quelque part au Nord de la Dalmatie se cache une petite île perdue entre le continent et l'île de Rab.  Cette île nue - en croate - n'est malheureusement pas l'un des nombreux paradis touristique que nous offre la péninsule des Balkans.

 

Presque vierge de toute végétation, l'île de Goli Otok est un énorme bloc de marbre de cinq kilomètres carrées posé au milieu des eaux. Inhabitée jusqu'à l'arrivée de la Première Guerre Mondiale, elle sert à cette époque de lieu d'internement aux prisonniers russes faits par l'armée austro-hongroise. Puis en 1949, le président de la République fédérative socialiste de Yougoslavie, Josip Broz Tito (1892-1980) la fait transformer en camp de concentration pour y enfermer les communistes restés fidèles à Staline (1878-1953). Le nombre total de détenus oscille entre 16.000 et 30.000 sans qu'aucun registre ne précise le nombre exact de bagnards, ni combien y sont mort. Plus tard, prisonniers politiques, prisonniers de droit commun et opposants au régime s'entassent et se tuent à travailler dans les carrières de marbre pour ensuite transformer cette matière première en carreaux de kulir (sorte de carrelage), jusqu'à sa fermeture en 1988.

 

Le seul moyen pour y accéder est de prendre le bateau à partir du port de Jablanac, sur l'île de Rab. Au détour d'une bande rocheuse, ce qui semble être une énorme dune de sable surgit de nul part. La mer est toujours très agitée à l'approche de l'île, ce qui rendait les évasions vouées à la noyade. 

A son approche, les nids de mitrailleuses nous accueillent et une fois accostés, la désolation la plus totale nous entoure. Véritable île fantôme, la quasi totalité des bâtiments sont encore debout. Leurs murs chargés d'histoire, sont recouverts de carreaux de kulir  et l'on peut parfois apercevoir dans certaines pièces, des rangées  de photos de femmes dénudées servant de décorations à ces lieux austères. Nous pouvons également y lire la souffrance, l'humiliation et les tortures que les détenus subissaient au quotidien.

 

Plus loin, une salle de projection, une clinique et une villa avec vue sur la baie contrastent avec la douleur ambiante de ce lieu.

 

Sous une chaleur étouffante, nous passons à côté d'une gigantesque citerne vide, construite par les prisonniers eux même pour pouvoir leur fournir quotidiennement une ration équivalente à une gamelle d'eau par personne.

A la pointe Ouest de l'île, avant de faire demi tour, une seconde île fait sont apparition non loin de la notre. Cette dernière, Otok Sveti Grgur - l'île de Saint-Grégoire - semble être l'opposée de Goli Otok car elle est entièrement recouverte de forêt et de végétation. En réalité, son utilité était similaire mais servait exclusivement à l'emprisonnement des femmes.
 

Malheureusement, de nombreux voleurs dépouillent aujourd'hui les installations et infrastructures restées intactes de ce mémorial à ciel ouvert laissé à l'abandon. 

 

 

 

 

  

 

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