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Sylvain Tesson - Géopolitique et voyage

15 May 2017

 

 

 

Retranscription de l’émission du vendredi 12 mai sur France Inter

 

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“ Je fais ces voyages et je vis dans cette appétit du monde parce que j’aime l’idée que tout ce que je vis je le transformerai un jour en mots, en lignes, en écritures ; ce qui est le moteur de ces voyages un peu frénétiques [ … ] ”

 

“ Je me suis aperçu en faisant mes premiers voyages et en étudiant la géographie - puisque je viens de cette formation universitaire là, même si je ne l’ai pas poussé très loin, mais j’ai eu un très beau professeur qui s’appel Yves Lacoste ; grand géographe, grand géopoliticien qui savait que pour analyser la folie des hommes et les conflits qui les opposaient, il fallait d’abord recourir à la carte et comprendre le substrat, le sol, le paysage, le relief ou ils habitaient, ça donnait des clefs - et je me suis aperçu que finalement, le fait de parcourir le monde, de flâner, ou bien au contraire, le fait de se promener en essayant de comprendre ou on mettait les pieds procédait d’un phénomène équivalent à la lecture. C’est quelque chose qui vous permet de sortir de vous même, de vous dépasser, de laisser de côté vos petits tourments intérieurs qui ne sont pas vraiment intéressants. C’est une tentative de regarder avec appétit ce qui se passe autour du monde ; les hommes sont fous, les cultures sont bizarres, les paysages sont superbes, les animaux - enfin le peu qu’il en reste - nous offrent leur panoplie de symboles, et c’est tout ça que j’essaie de rassembler [ … ] ”


“ Ce qui m’est très étranger, c’est l’idée que l’on ne peut pas se contenter du monde. Quand on a commencé à goûter aux voyages et à partir équipé de ces outils d’observations que vous offre la Géographie - c’est à dire le regard que vous portez sur la réalité telle qu’elle soit ; cosmique, botanique, zoologique, humaine, culturelle, géologique - vous vous apercevez que nous disposons là de quelque chose qui s'appelle la réalité, qui s’appel le monde, qui est encore plein de secrets, de mystères et de symboles. Je ne vois pas pourquoi il faudrait tourner ses regards vers des espérances, vers des histoires, vers des au-delà, vers des chimères - enfin je comprends très bien qu’on le fasse parce que peut-être y a t-il des consolations d’espérer qu’il y ai quelque chose derrière les nuages, mais moi je préfères les nuages si vous voulez, je m’intéresse d’avantage à la climatologie qu’à ce qu’est le ciel, en tant que siège des inventions et fables spirituelles pourrait déceler. Je suis simplement quelqu'un qui se contente du monde. C’est quelque chose qui peut paraître matérialiste mais qui est en fait une très belle manière d'établir une sorte de consolation avec sois même et le monde. Quand on se contente du monde on a beaucoup de pain sur la planche [ … ] ”

 

“ Je pense que lorsqu’on voyage, même si c’est pas très loin [ … ] nous pouvons encore tirer des enseignements de ce que nous offre la réalité du monde, la Géographie ; mais pour ça il faut regarder, il faut ouvrir l’oeil, il faut accepter de comprendre que ce que votre vision peut capter du chatoiement du monde, est finalement une sorte de religion, mais c’est une religion du réel qui ne vous offre rien, de laquelle vous ne pouvez rien espérer, rien d’autre qu’un enchantement et un saisissement [ … ] ”

 

 

 

  

En découvrir d'avantage :


• Sylvain Tesson, Une très légère oscillation, Equateurs, 2017

  

Sylvain Tesson, l'écrivain-voyageur

©Hannah Assouline/Opale/Leemage - parismatch.com

 

 

 

 

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