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Rome, Italie - Marathon romain à travers l'Histoire

9 Apr 2018

 

 

 

Tous les chemins mènent à Rome !

 

Voilà bien longtemps que je voulais visiter la capitale Italienne. Après mes études d'arts et d'Histoire de l'Art, ne jamais avoir vu ni Rome ni Florence sonnait comme un manquement à ma formation. J'ai alors décidé de rectifier une partie du tir en passant quelques jours à la découverte d'une d'entre elles.

 

Ma première motivation était de venir voir l'une des sept nouvelles merveilles du monde moderne à savoir le Colisée. Ensuite, je souhaitais voir les trésors patrimoniaux que Rome et le Vatican offrent à chaque coins de rues. Pour finir, je voulais faire une cure de tiramisus … Comme à chaque fois, la première chose que je fais avant de partir en Europe est d'acheter le Routard pour avoir une carte ainsi que quelques informations de base. Le problème avec Rome, c'est qu'il y a trop de choses à voir et en faire le tour en trois jours s’avère être une mission quasi impossible. Il faudrait y rester une semaine - voir plus - pour avoir une vue d'ensemble des principaux sites à visiter. J'ai alors décidé de parcourir un marathon, non pas en deux heures comme les records mondiaux, mais en deux jours afin de voir - comme un bon touriste - les principaux sites historiques de la ville.

 

A ma sortie de l'aéroport et après avoir posé mes affaires à l'hôtel, je me suis empressé d'aller voir mon objectif numéro un : le Colisée. Je ne ferai pas de longues leçons d'histoires mais en quelques mots : inauguré en 80 après J.C. ; 70 000 places dans les gradins ; 50 mètres de haut ; plus de 500 mètres de diamètre ; combats de gladiateurs … Nous nous retrouvons très vite plongé dans un tome d'Astérix ou dans un Péplum. Entouré d'autres bâtiments, le Colisée ne nous apparaît qu'au dernier moment. Les hordes de rabatteurs et de vendeurs ambulants viennent un peu gâcher l'émotion et la découverte de ce site mais il suffit de les ignorer. A son pied, nous regardons vers le ciel pour observer ce monstre planté au milieu du décor. Chaque détails en deviennent touchants car ils racontent près de 2 000 ans d'histoire. Puis, après une bonne demi heure d'attente, nous entrons tels des spectateurs venus assister aux combats. Fausse aux animaux, gradins, morgue, tout est resté tel quel - ou presque. Tout est là pour nous donner le spectacle que nous attendions. Comme sous Titus, la foule se presse aux portes pour être aux premiers rangs. Il n'y a certes plus de vrai mise à mort en ces lieux, mais le temps parle et nous racontes les nombreux visages qu'il a vu passer. C'est émouvant de se trouver ici, dans l'une des sept merveilles de notre monde moderne. L'une des sept merveille qui a fait de notre civilisation ce qu'elle est aujourd'hui. Le tour est vite fait mais il est difficile de prendre le chemin de la sortie …

 

 

 

 

 

Rome est comme un grand Disneyland. Chaque lieux, chaque visites se résument à faire la queue pendant une heure, visiter pendant trente minutes et ainsi de suite. Bien évidement je grossis un peu le tableau mais cela reste comparable. Comme dans un parc d'attraction, il est impossible - ou difficile - de se perdre dans cette ville car l'orientation est facilitée grâce aux nombreux monuments et points de repères qui se trouvent à chaque coins de rues.

 

Non loin du Colisée se trouvent l'arc de Constantin, le Forum Romain et le Palatin. Après avoir fait une nouvelle fois la queue pour passer les portiques de sécurité, le dépaysement est total. Des ruines de partout nous replongent encore un fois en pleine antiquité. Construite sur des marécages asséchés, Rome devient devient très vite la capitale du vaste empire que l'on connaît. Le forum se trouve être le centre névralgique de la vie des romains. Ce sera César qui mettra de l'ordre dans le fouillis architectural que composaient les temples et autres édifices de ce lieux. Plus tard, sous la Renaissance, le site sera pillé pour aider à la construction de la Basilique Saint-Pierre.

" Pour construire la Rome des papes, on détruit celle des Césars "

Les appels et alertes de Michel-Ange et de Raphaël ne changeront rien à ce carnage. 

 

 

M'étant levé à trois heures du matin pour prendre mon avion à six, je commence dès le début d'après midi à fatiguer et à traîner les pieds. Je choisis alors de prendre des rues au hasard pour me promener à l'aveuglette. Je passe par la piazza Venezia et le Roma del Cielo, puis tombe nez à nez avec la célèbre fontaine de Trévi. Je me fraye une place au premier rang pour prendre quelques photos mais très vite, cette accumulation de selfies me fait fuir sans avoir l'envie de faire un voeu. Au moins je peux dire que je l'ai vu !

 

 

Ayant bouclé mon programme de la journée, je décide de me rendre sur les hauteurs pour visiter une  bâtisse mythique et connue de tous les étudiants en Arts. La montée est raide pour accéder à la Villa Médicis mais cela vaut le coup. Une fois en haut, j'arrive de justesse pour la visite en français de quatorze heures. Manque de pot, elle se fera en anglais ce qui ne change pas grand chose au final. Comme son nom l'indique, celle villa est liée de près au cardinal Ferdinand de Médicis (1549-1609). La encore, sans trop me plonger dans son histoire, elle fut construite au XVI ème siècle par un autre cardinal, Giovanni Ricci (1498-1574). Ici, tout le monde ou presque parle français. Et pour cause, Napoléon Bonaparte en fait l'acquisition en 1803 et depuis cette date, des artistes triés sur le volet y sont envoyés. Cette bâtisse est donc liée de près à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris qui m'est chère. En effet, les gagnant du Prix de Rome (1663-1968) se voyaient l'opportunité, et le privilège, de venir étudier et travailler un an en ces lieux. Aujourd'hui, la tradition continue mais la sélection se fait sur concours et est ouverte, non plus aux artistes français, mais aux artistes internationaux francophones. C'est une consécration que d'être admis ici. Les murs de la villa on vu passer l'élite artistique de toutes les époques et ce n'est pas prêt de s'arrêter.

 

 

 

C'est une belle visite pour conclure cette première journée commencée tôt. 

 

Jour 1 : 13,4 kilomètres de marche. Encore 28,8 pour réaliser le marathon !

Nouvelle journée et départ à huit heures sur les chapeaux de roue ! Première étape, une heure de marche en direction du Vatican et plus précisément le musée du Vatican. La route est longue mais les températures sont encore clémentes à cette heure ci.

 

Une fois le calvaire disneylandien accompli, nous voilà plongé en plein coeur d'un musée aussi riche et labyrinthique que le Louvre. Ici, ce n'est pas la Joconde qui est affichée sur tous les panneaux de signalisations mais la Chapelle Sixtine. Voulant éviter le monde fou qui se tasse de plus en plus à la porte d'entrée, je décide de commencer par ce lieu mythique. Après être passé sans m'y attendre devant la célèbre peinture l'École d'Athènes de Raphaël, le graal se trouve devant moi, ou du moins au dessus de moi. Dans notre dos en entrant se trouve peint la vie de Moïse et du Christ ainsi que le Jugement Dernier. La liste d'artistes ayant travaillés sur cette oeuvre de 20 mètres de haut est impressionnante : Pérugin, Pinturicchio, Botticelli, Rosselli ... tous les plus grands artistes de cette époque ont posés leurs pinceaux sur ce mur. Puis, lorsque nous levons la tête, Michel Ange nous dévoile secrètement son talent. La voûte de la chapelle longue de 40 mètres a été réalisée entre 1508 et 1511. Représentant la Genèse et le Déluge, se retrouver nez à nez avec cette peinture légendaire nous coupe le souffle. Et cela tombe bien car ici, SILENCE et NO PHOTO sont de mise. Bien évidemment tout le monde en prend. Asseyons nous quelques minutes avant de préparer, afin d’admirer ce chef-d’oeuvre aux mille et un détails.

 

Sur le long chemin de la sortie - car il faut bien trois heures pour faire tout le musée - s'en suivent la salle des cartes, le Laocoon, la glyptothèque, la bibliothèque, les appartements de Borgia, le musée égyptien, le musée étrusque, la pinacothèque, … des centaines de salles se succèdent ! Finalement, la visite se termine par la descente du monumental escalier de Bramante construit en 1932. 

 

 

 

 

Commençant à traîner les pieds, je décide alors d’aller non loin et de m’arrêter au milieu de la gigantesque place Saint Pierre. 284 colonnes et 140 statues entourent ce lieu qui peut rassembler des milliers de fidèles. De la, il est possible d'apercevoir la tout petite fenêtre où le pape fait son apparition tous les dimanches pour la bénédiction de l’Angélus. Ma balade devait ensuite continuer par la visite de la Basilique Saint Pierre, mais, le découragement me prit au vue de la queue iiiiiiiiiiiiinterminable pour passer les portiques de contrôles. Je ne verrais pas la Pietà originale de Michel Ange - dont une copie se trouve aux Beaux-Arts - mais tant pis ce sera pour une autre fois. Cette place est bien évidemment mystique et une fois remplie de monde, cela doit être affolant de se retrouver entourer de dizaine de milliers de personnes venus apercevoir un petit homme vêtu de blanc.

 

 

J'ai donc fuis la foule et la chaleur pour me réfugier au frais, en bas de la rue, au Castel Sant’Angelo. Popularisé grâce au livre et au film Da Vinci Code, cette ancienne forteresse semble boudée par les touristes. Il n'y avait personne à l'intérieur ou presque. Mausolée d’Hadrien transformé en forteresse, l’arrivée au “château” se fait par le Ponte Sant’Angelo orné de nombreuses statues du Bernin. La légende dit qu’un ange serait apparu au sommet de l’édifice pour annoncer la fin de l’épidémie de peste qui ravageait Rome en 590 - d'où son nom.

 

 

 

 

  

Plus tard dans l'après midi, en quête d'un breuvage houblonné, je me suis retrouvé un peu par hasard au détour d'une rue, en face d'un grand temple assez imposant mais pas spécialement très beau vu de l'extérieur. En y entrant par curiosité - car au départ je voulais passer mon chemin -, j'ai très vite compris mon erreur. Il s'agissait du Panthéon … Comme les livres la décrivent si bien, la coupole est, vue du dessous, démesurée et impressionnante. J'avais déjà ressenti cette sensation de grandeur et de vertige sous la coupole de la basilique Sainte Sophie à Istanbul mais la, les motifs et ce lieu - qui au final ne semble pas très grand - la rendent tout simplement incroyable. C'est une expérience à vivre que de se trouver en son centre, à lever la tête et à ne voir plus qu'elle … 43,30 mètres de diamètre pour 43,30 mètres de hauteur ! La perfection romaine à l'état pur. Encore une fois les touristes n'étant que peu respectueux, les annonces faites au micro pour avoir le silence - en six ou sept langues différents - font, comme à la Chapelle Sixtine, un bruit résonnant encore plus grand et insupportable.

 

 

 

 

 

Pour finir cette journée, je suis aller admirer les collections conservées au Palazzo Massimo. Les oeuvres que l'on voit normalement dans les livres d'histoires se trouvent ici. Les pièces du musée sont si riches que deux heures ne sont pas de trop pour tout voir. Sculptures, mosaïques et fresques sauvées à droite et à gauche sont toutes plus merveilleuses les unes que les autres. Discobole, panthéon de la mythologie romaine, scènes du quotidien, morceaux de villas, portraits en tout genre … Je ne savais plus où donner de la tête.

 

 

Jour 2 : 16,8 kilomètres de marche. Plus que 12 à réaliser !

Troisième et dernière journée à Rome. Le départ très matinal que j'espérais  ne s'est pas fait. Voulant retenter ma chance à la basilique Saint Pierre de bonne heure, je visualisais l'heure de marche qui séparait mon lit du Vatican. Finalement, je suis resté au chaud. Un peu mou et courbaturé de la veille, mes muscles pas encore échauffés ont eu du mal à se mettre en route ce matin là. 

 

En marchant dans la rue les jours précédents, je suis tombé sur des affiches pour une exposition d'estampes japonaises du maître Hiroshige. Il y a quelques temps, j'avais raté à Paris l'accrochage des estampes d'Hokusai. Je ne pouvais donc pas rater celle la. La gravure japonaise à quelque chose de remarquable. Patience et perfection résume la mentalité et la culture nippone que je rêve de découvrir un jour de mes propres yeux.

 

 

Après avoir vagabondes entre les paysages du Japon, passant des rues actives de Kyoto en passant par les neiges éternelles du Mont Fuji, je me suis dirigé dans le quartier français pour y retrouver un petit bout de chez moi. Une église attire particulièrement l’attention des touristes : l’Eglise Saint-Louis des Français. De l'extérieur, l’édifice ne paie pas de mine mais une fois rentré à l’intérieur, c’est une toute autre histoire. Sans m’attarder sur les somptueuses décorations qui ornent les murs et les voûtes, cette église est touchante pour deux raisons : la première car elle renferme les sépultures d’artistes français. Elle est notamment la dernière demeure de Claude Lorrain, mort dans cette ville en 1682. De nombreuses plaques commémoratives sont également placés sur les murs du bâtiments. Elles font hommages aux nombreux régiments et aux français qui ont donnés leurs vies lors des campagnes d’Italie lors des deux Guerres Mondiales. Le second aspect touchant de cette église vient de trois oeuvres accrochées dans une petites chapelles. Trois magnifiques peintures de Caravaggio nous sont données à voir : la Vocation de saint Matthieu, Saint Matthieu et l'Ange, le Martyre de saint Matthieu. La culture et l’art romain n’est donc pas qu’une affaire de musées mais sont visibles partout dans cette ville incroyablement riche.

 

 

Lorsque l’on pense à la Rome antique, une image nous vient immédiatement à l’esprit : celle de Rémus et Romulus, les deux jumeaux fondateurs de la cité, tétant les pies de leur mère louve. Je me devais donc d’aller voir cette sculpture en bronze lors de mon séjour. La Louve du Capitole, de son petit nom, est conservée au Musée Conservatori.

 

 

En fin de journée, sur le chemin des thermes, un drôle de parc avec une forme étrange tout en longueur attire mon attention. En prenant de la hauteur, je me rend compte qu'il s'agit d'un ancien cirque, le Circus Maximus. Il ne reste quasiment rien de cet ancien édifice mais l'idée des proportions est incroyablement toujours présente. Imaginez vous spectateur de courses de chars au milieu d'une foule en délire. Une fois descendu en son centre cette sensation de grandeur est décuplée et les 600 mètres de piste se déroulent devant nous. Les gradins se redressent devant nos yeux, les jeux reprennent vie et l'imaginaire fait le reste.

 

 

Enfin, dernière étape de mon périple, les thermes de Caracalla. L'empire romain dans toute sa splendeur se dresse devant nos yeux. Les ruines sont assez bien conservées et nous donnent une idée de la taille et du grandiose de ce complexe. Ce site pourrait abriter une ville entière ! Construites au IIIème siècle, il s'agit de l'un des plus grand complexe thermale de l'antiquité. Certains bâtiments atteignants les 30 mètres de haut ! Il ne reste que peu de vestiges des mosaïques d'origine, mais après une longue journée de marche, s'imaginer en peignoir aux côtés d'une piscine ou d'un hammam à quelque chose de reposant ...

 

 

En retournant à l'hôtel, je suis passé une nouvelle fois par le Colisée pour lui dire au revoir. Commencer et finir mon séjour à cet endroit avait un avant gout de nostalgie - déjà. J'en ai fait le tour une dernière fois et j'ai repris la route en direction de mon lit.

 

Jour 3 : 12,3 kilomètres de marche.

 

Soit un total de 42,5 kilomètres en tout !

 

Il faut donc plus de trois jours pour découvrir les nombreux trésors et mystères que recèlent Rome. A l'image de Kathmandu, Rome cache des temples, des statues et des lieux de culte à chaque coins de rues. Il y a dans cette ville, une source intarissable d'histoires à raconter. Avec trois cent mètre de rab, je suis content d'avoir honoré mon pari à savoir faire la distance entre Marathon et Athènes, distance qui aujourd'hui est popularisée grâce à la célèbre course sportive. J'ai donc dépassé de peu mon objectif qui m'a plongé, le temps de quelques jours, au coeur de l'antiquité romaine et européenne.

 

Pour ce qui est du dernier point me motivant à venir en Italie … Tiramisu en italien veut dire remonte le moral / redonne des forces. Il faut dire que j'ai eu ma dose de forces ! Avec pas moins de cinq recettes différentes testées, il est vrai que ce dessert qui se mange sans faim à n'importe quel moment de la journée, nous redonne le courage de continuer notre route à travers ces dédales pavés !

 

 

   

 

 

 

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