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Reykjavik, Islande - La chasse à la baleine

14 Aug 2016

 

 

 

L’Islande…

 

Pays du feu avec l’Eyjafjöll, volcan au nom imprononçable qui immobilise l’Europe toute entière pendant des jours en 2010.

Pays de la glace avec ce le Vatnajökull, second glacier le plus volumineux et vaste d’Europe.

Pays des légendaires vikings venus coloniser ces Terres vierges au IXème siècle.

Pays du Skyr, ce délicieux yaourt accompagné de testicule ou de tête de mouton bouillie.

Pays des Huldufólks, peuple invisible habitant dans les rochers et dans les légendes folkloriques.

Et pays de Bjork, chanteuse atypique que l’on peut facilement croiser dans les rues et les restaurants de Reykjavik.

 

Après un premier voyage pendant l’hiver 2011 où je suis littéralement tombé amoureux des beautés et de la tranquillité de Reykjavik, je voulais y retourner mais cette fois-çi en été, pour voir cette ville sous un tout autre angle.

En 2016, quelques semaines avant ce séjour, l’équipe Islandaise participait pour la première fois à l’Euro de football et perdait, contre la France en quart de finale. J’avais un peu peur que les français ne soient pas en odeur de sainteté à cette période et, même si je n’aime pas et ne suis pas ce sport, je décidais de me faire passer pour Canadien (au final même si leur déception était grande tout le monde s’en fichait).


Ce qui m’intéressait réellement était de vivre un soleil de minuit. En hiver, le soleil ne se lève quasiment pas à une telle latitude. En été, au contraire, il ne se couche que quelques heures. Vivre avec une nuit quasi permanente ne m’affecte pas, je l’ai expérimenté lorsque je vivais à Stockholm pendant quelques mois puis en Laponie suédoise pendant quelques semaines. C’est un rythme à prendre et l’obscurité me convient bien ainsi qu’à mon rythme de vie. Pour ce qui est du jour permanent c’est une autre histoire. Les maisons en Scandinavie ayant très peu souvent de volets, il est impossible de dormir avec tant de lumière dans la pièce et donc la première chose à faire en sortant de l’aéroport fut d’acheter un masque pour les yeux.

C’est extrêmement dépaysant de voir des rues sous trente centimètres de neige, puis de les voir au naturel. La magie s’estompe un peu mais le charme de l’Islande est si puissant qu’il reste à jamais éternel.

 

Une autre raison qui m’a poussé à revenir sur cette île est un rêve que j’avais depuis de nombreuses années : faire une chasse à la baleine. Bien entendu, je parle de partir sur un bateau rempli de touristes, d’allumer les sonars, mettre les gaz et attendre de voir quelque chose qui bouge à l’horizon.

La première sortie en mer fut infructueuse à cause d’une mer agitée qui empêchait une observation minutieuse. De retour au port, la compagnie m’offrit la possibilité d’une seconde sortie le lendemain. Ni une ni deux, je repartais le jour d’après pour une seconde tentative. Dans un premier temps, de nombreux puffins planent autour du bateau. Leur vol est facilement reconnaissable et ce sont des oiseaux très mignons, agréables à observer. Par contre de retour en ville, vous en faites une indigestion car ils sont présent partout dans les magasins pour touristes. Quand je dis partout, c’est partout et les exemplaires de la Tour Eiffel n’ont qu’à bien se tenir. Je n’ai bien sur pas put résister à en ramener un chez moi…

Mais revenons sur notre embarcation. Après deux heures d’une mer plus que calme, la nageoire dorsale d’un mammifère marin fait son apparition. Le capitaine nous indique qu’il s’agit d'une petite baleine bleue. Nous essayons de nous rapprocher. Les baleines remontent à la surface toutes les quinze minutes environ. Quitte à attendre un peu plus, nous restons dans cette zone pour espérer la voir refaire surface. Quelques temps après, un morceau de queue est visible mais après quatre heures en mer nous devons rentrer (un grand merci à la télévision française qui était présente sur le bateau et qui a permis d’allonger de temps de cette prestation). J’étais aux anges.

Voir une baleine sauter ou souffler est quelque chose de rare. A l’instar des aurores boréales, il ne faut pas oublier que ce sont des phénomènes naturels et animal et malheureusement certains touristes ne le conçoivent pas.

 

La plus connue des oeuvres de Herman Melville écrite en 1851, raconte la tragique histoire du terrifiant capitaine Achab, recherchant à tout prix à se venger du cachalot Moby Dick qui lui arracha la jambe. Ce roman, probablement inspiré du naufrage d’un baleinier américain en novembre 1820, illustre parfaitement des baleiniers qui faisaient rage au XIXème siècle. Pour toute l’Europe et pour l’Amérique, l’industrialisation de cette chasse était très importante, notamment à cause du prix élevé de l’huile et des ailerons de baleine. Mais ce commerce a amené à un massacre considérable entre les années 1850 et 1940. Près d’un siècle de boucherie sans contrôle a mené certaines espèces de cétacés à leur quasi extinction.

 

Aujourd’hui encore, le Japon, la Norvège et l’Islande font légalement commerce de cette viande. Un pêcheur norvégien m’en avait fait goûter un morceau un jour alors que je me promenais dans le port de Bergen. Mais sa qualité ne justifie pas que l’on doive décimer cet animal. Si l’on sait que seuls 20% des locaux mangent encore de la baleine en Islande, les 80% restant sont dus au marché touristique. En ramener chez soit par avion est même considéré comme du braconnage.  

 

A ma sortie du bateau pour touristes, une jeune femme me demande de signer une pétition pour la protection des baleines. Le mouvement “Meet Us Don't Eat Us” milite pour faire retirer cette viande des restaurants chics de la capitale et pour arrêter la chasse que les gens pensent traditionnelle mais qui en réalité ne l’est pas. Je n’ai pas signé ce papier pour devenir un militant acharné ni pour défendre leur cause que je ne connaissais pas vraiment à cette époque. Je l’ai simplement signée pour pouvoir, un jour dans le futur, avoir la chance d’apercevoir de nouveau ces grosses bêtes majestueuses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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