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Napapiiri, Finlande - La traversée du Cercle Polaire et sa magie

26 Feb 2017

 

 

 

C'est toujours avec une grande émotion que je franchis cette ligne imaginaire qui représente le cercle polaire.

 

L'atteindre n'est pas une chose facile et se mérite. Que ce soit en train, en voiture, en avion, en renne… le Grand Nord se mérite et de nombreuses heures d'attente à trépigner comme un enfant sont nécessaires. Dans mon imaginaire, il a toujours représenté et représente encore les grandes étendues blanches et sauvages de Laponie, les hivers longs et glacés plongés dans l'obscurité, la culture Sames et les mythes des puissants Vikings, les expéditions dangereuses à buts scientifiques, artistiques ou quête de renommée, les danses stellaires et colorées ininterrompues une fois la nuit tombée, les rennes majestueux à la recherche de lichen sous la neige, et bien évidemment aussi les contes qui ont bercé mon enfance.

 

Cette fois-ci, le passage a été un peu différent comparé aux précédentes fois. En temps normal, je ne planifie jamais trop où je vais et j'improvise une fois sur place en suivant les traces de rennes dans la neige. Mais aujourd’hui, quelqu’un m’attendait. Cette personne est spéciale car tout le monde la connait et pourtant, peu de gens ont eu la chance de la rencontrer.

 

Depuis Paris, il faut parcourir très exactement 2465 kilomètres (à vol d’oiseau) pour être invité à rentrer chez lui. Lui ne se déplace qu’une seule fois par an pour une raison bien mystérieuse.

 

Mon rendez-vous n’était autre qu’avec le Père Noël. Pendant longtemps et comme beaucoup d’enfants, toutes les nuits du 24 décembre au soir, mes parents m'obligeaient à aller me coucher alors que je voulais attendre notre invité. Je ne souhaitais pas le déranger, ni même vraiment lui parler. Mais comme Saint-Thomas, je désirais simplement l’apercevoir pour être sur de certaines choses...

 

J’ai alors dû attendre vingt-huit ans pour en avoir le coeur net. Ce n’est donc pas qu’une légende et Santa existe bel et bien. Une fois arrivé dans son atelier, il m’invite chaleureusement à m'asseoir à ses côtés et la surprise! Mon hôte parle français parfaitement! Nous discutons de tout, de rien, puis il me demande si je viens en ses Terres pour assister à une conférence?... oui… sur le peintre François-Auguste Biard?… oui… une magnifique peinture de lui vient d’être retrouvée en Russie?… OUI… nous n’avons malheureusement pas le temps de parler plus longtemps car Père Noël a beaucoup de travail tout au long de l’année. Mais quelle surprise, déjà de voir qu’il existe bel et bien et ensuite de se rendre compte qu’il s’intéresse à la peinture XIXe et qu’il connaît parfaitement l’histoire de ses invités… Ce fut une entrevue perturbante et magique à la fois.

A ma sortie de l’atelier, un petit lutin capitaliste me taxe 35€ pour la photo et je retombe bien vite sur terre en voyant ma tête crispée sur le cliché. Ma mère me confiera à mon retour que j’avais exactement la même expression quand j’étais petit sur les genoux des faux pères noëls des centres commerciaux (je savais qu’il s'agissait d’imposteurs mais cela faisait plaisir à tout le monde).

 

Comme beaucoup peuvent le penser, ni l’histoire, ni l’iconographie, ni même la couleur de Père Noël ne viennent de Coca-Cola. La marque ne fera qu’exploiter ce folklore à partir de 1931 avec des dessins de Haddon Sundblom.

Cette légende est bien plus ancienne que nous pouvons le penser. Il faut remonter à Rome, en 274 lors de la fête des Saturnales. Les romains décoraient alors leur maison de houx et de gui, mangeaient abondamment et s’offraient des cadeaux pour célébrer le retour du soleil.

 

Tout au long des siècles, diverses interprétations païennes tentent de trouver une origine à cet homme bienfaisant. La mythologie Scandinave nous donne plusieurs explications possibles dont le très célèbre Odin galopant sur son cheval volant Sleipnir.

 

En Finlande, Joulupukki possède un atelier situé dans les montagnes de Korvatunturi, il entre par la porte pour distribuer des cadeaux et s’en va sur son traîneau tiré par des rennes. L’idée des rennes volant peut venir d’une longue tradition chamanique et de l’utilisation de champignons hallucinogènes.

 

De nos jours, le conte tel que nous le connaissons remonte au 19ème siècle. En 1822 le pasteur new-yorkais Clément Clarke Moore écrit pour ses enfants un poème intitulé «Une visite de St Nicolas», plus communément connu sous le nom «La nuit avant Noël». Ce poème est un mélange là encore de légendes européennes, de mythologie scandinave, de passages de l’histoire de Saint Nicolas considéré comme le précurseur de Santa Claus et la fête de Sinterklaass. Ce récit fut un succès instantané en Amérique et continue de l’être partout dans le monde.

 

Marja qui m’accompagnait dans ce village aujourd’hui inondé de touristes asiatiques, m’a raconté une toute autre version que je ne connaissais pas. Malheureusement je ne me souviens plus des détails mais Père Noël prendrai ses origines dans l’histoire d’un pasteur Finlandais (dont j’ai oublié le nom) et qui offrait des pièces d’or à des enfants sans ressources.

 

Ce village est un passage obligatoire pour quiconque visite la Laponie Finlandaise. Dans son bureau, Père Noël garde en souvenir les photos de certaines personnes. Accrochés aux murs, des hommes politiques Japonais, le président Finlandais et sa femme, des groupes de Hard-Rock scandinaves... posent à ses côtés. Ces clichés respirent la joie et qui que vous soyez, vous ne pourrez pas vous empêcher de retourner en enfance le temps d’un instant.

 

 

 

  

 

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