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Kathmandu, Népal - Carnet de voyage 2.0 - Suite

4 Feb 2018

 

 

 

14-01 : 10 km à pied - 5 100 roupies

 

Réveille 05.00 heures deuxième édition. Croisons les doigts pour que le temps soit plus clément. 

 

Dans le minuscule terminal de l'aéroport, une voix se fait entendre : " Vol 101 pour Lukla reporté dans deux heures à cause du mauvais temps " … Puis c'est au tour du vol 102 … puis 103 … et 104 ... Je rage en silence et me dis que cette fois, si mon vol est annulé, je demanderai un remboursement et non un vol le lendemain … J'en ai assez de payer des allers-retours en taxi … Mais par miracle, la jeune femme de Yeti Airline nous annonce :  " Chers passagers, le vol 301 pour les montagnes va bientôt partir. Veuillez vous présenter à l'embarquement " … MERCI Bouddha, Vishnu ou même Thor si tu es la !

 

150€ (+ taxi) pour 45 minutes de vol avec une demi coupe de champagne (si on peut appeler ça comme ça) et un diplôme … Il faut avouer que c'est un peu cher … Mais le souvenir du survol de l'Himalaya ; ça n'a pas de prix comme dirait la publicité pour Master Card. Les avions à hélices sont minuscules. La place à l'intérieur y est réduite au strict minimum. Chacun son hublot. Quelques minutes après le décollage, les premiers sommets enneigés sont visibles. Des 6 000, des 7 000 et soudain, les premiers 8 000 apparaissent. Du Pakistan au Tibet en passant par l'Inde et le Népal, la chaine de l'Himalaya s'étend sur plus de 2 400 kilomètres de long. Dix des quatorze plus hautes montagnes se dressent dans cette zone népalaise, qui est également l'une des zone les plus mortelle au monde. Devant nous, cinq de ces pics sont présents : Le Sisha Pangma (8013 m), le Cho-Oyu (8201 m), le Makalu (8463 m) et soudain, le mythique Lhotse (8516 m) et non loin de lui le légendaire Mont Everest (8848 m). Nous sommes en train de voler à la même altitude que le toit du monde. Je sais que je n'aurais jamais le plaisir (?), la folie (?), la prétention (?), l'argent (?), pour atteindre, ne serait-ce une fois dans ma vie, l'un de ces géant mais les avoir approchés de si près était quelque chose de magique. L'avion fait alors demi-tour et nous redescendons - dans tous les sens du terme - sur la terre ferme.

 

 

Je retourne à l'hôtel prendre mon petit déjeuner et un vieux monsieur assis à l'ordinateur de hall, est en train d'écrire un email. Il me raconte qu'il est canadien et qu'en ce moment, au pays du sirop d'érable, des records de neiges sont en train d'être explosés. Il est alors content d'être ici. Il me dit également qu'il passe la moitié de l'année en Thaïlande et pour pouvoir renouveler son visa, il devait sortir et re-rentrer dans ce pays. Le Népal était alors la solution la plus logique pour ce bouddhiste en herbe (je dis en herbe car un vendeur a réussit à lui vendre une statuette en bronze d'un dieu hindou ... en la faisant passer pour une représentation du Bouddha ... ). Nous allons nous revoir demain … Pour visiter des sites ensemble … J'appréhende un peu mais nous verrons … Je ne sais pas trop ce qui m'a prit de lui demander de m'accompagner … Surement le fait de le voir tout le temps tout seul à l'hôtel … Je n'aime pas voir des gens seuls et surtout manger seuls … Et pourtant j'adore me retrouver dans ce genre de situations … Heureusement il va annuler notre rendez-vous !

 

Bref ... Une fois mon croissant au bacon et aux oeufs terminé, une longue marche m'attend en direction du musée national, à l'Ouest de la ville. Surtout, n'y mettez jamais les pieds !!!  Les collections de bronzes, de thangkas, et de bas-reliefs en bois sont très riches il faut l'avouer. Ils proviennent de temples ou ont été rescapés des séismes. Certaines pièces sont magnifiques - même si je n'y connais absolument rien en arts hindou et bouddhiste. Néanmoins, j'ai eu mal au coeur en voyant leurs états de conservations et comment ils étaient exposés … Le mot lamentable me vient en premier mais je pourrais utiliser tout un tas de synonymes. Dans un second bâtiment, des animaux naturalisés sont dignes d'une galerie des horreurs tellement la taxidermie est mal faite. Je n'avais vu c'est erreurs de la nature - dues à l'incompétence humaine - que sur internet, sur des sites satiriques qui recensent les pires images d'animaux empaillés … A mon avis toutes les photos venaient de ce musée … Avançons vers la salle des poupées … Toutes les nations y sont représentées. Je n'ai même plus de mots qui viennent hormis " pathétique et affligeant ". Pour finir, un couloir qui devait être vide, a été comblé par une une galeries de miroirs déformants … Pourquoi ? … Comme dirait le Tigibus : " Si j'aurais su, j'aurais pas v'nu!

 

Pour effacer tout ça au plus vite de ma mémoire, je me suis dirigé non loin de la, vers le Temple aux Singes. Après avoir survécu aux nombreux macaques qui surveillent du coin de l'oeil si il n'y a pas de la nourriture à chaparder, après avoir monté les quelques 300 marches pour se rendre en haut de la colline, Swayambhunath s'offre à moi, dans un dernier souffle … Une fois en haut, le temps s'arrête. Les moulins à prières encerclent le monument et les pèlerins les actionnent dans des tourbillons infinis. Tout en haut, la vue est magnifique. Tout Kathmandu - et son nuage de pollution - est a nos pieds. Le Stupa est magnifique. Dôme blanchi à la chaux et flèche dorée, c'est une merveille de perfection architecturale qui éclate au soleil. Le regard du Bouddha est présent aux quatre points cardinaux ; surmontés du troisième yeux de la clairvoyance.

 

Sur le chemin du retour, je m'accorde une petite pause pour boire un milk-shake au chocolat. Je ne suis jamais très sûr si c'est une bonne idée de consommer des glaçons et du lait dans ce genre de pays ... mais tout c'est bien passé.

 

Après cette longue journée commencée de bonne heure, une pizza 4 fromages est d'un réconfort bien mérité. Soudain, un homme rentre gentiment dans le restaurant. Sous son bras il porte un fusil à pompe … Pizza ? … Panique ? … Pizza ? … Pizza ! Il ne s'agit en réalité " que " du garde de l'hôtel d'à coté qui effectue sa ronde … Cela fait quand même une sensation étrange de voir un homme armé dans un lieu public sans que personne ne réagisse. Surtout lorsque l'on vient de Paris.

 

La moitié du voyage vient de passer … Cela passe vite au final …

 

 

15-01 : 14 km à pied - 3 365 roupies

 

Trop de marche aujourd'hui et pas vraiment l'envie d'écrire … Surtout de dormir. 

 

Ce matin, mon guide et mon chauffeur ont eu près d'une heure et demi de retard. Au bout de quarante cinq minutes d'attente dans le hall de l'hôtel, je suis partie sans eux en changeant mes plans.

 

J'ai alors pris les plus petits chemins en direction du Sud de la ville. Mon objectif est d'atteindre Patan, un quartier situé à environ une heure trente de marche de Thamel. Passer par les grandes avenues est parfois inévitable. Le bruit, la poussière, la pollution y battent des records. Heureusement qu’il est possible de trouver des routes annexes pour se cacher de tout ce tohu-bohu.

 

La route est agréable. On passe par des zones résidentielles, des commerces, des fleuves, des parcs … Le regard des gens y est différent, un peu intrigué de voir un touriste débarquer par ici. Je n’ai croisé qu’un seul étranger en une heure de marche. On se salue et chacun repart de son côté.

 

Une fois arrivé au Durbar Square de Patan, nous sommes dans un autre univers. Il faut imaginer celui de Kathmandu, mais sans touristes ! C’est calme, il y a peu de monde et c’est beau. Le site est plus petit mais est, à mon goût, bien plus riche et intéressant. Les collections des musées sont surprenantes et l’accrochage est parfait. Tout est expliqué en détails, les sculptures et bas reliefs foisonnent de toutes parts. Il n’y a pas photo ! Si il y a bien un Durbar à visiter, c’est celui la. Toutes les rues alentours ouvrent peu à peu leurs échoppes. Les couleurs claquent entre les masques colorés, les drapeaux de prières qui flottent au vent et les sac d’épices. Personne ne s’y bouscule, personne ne vient vous accoster … C’est un moment qu’il faut faire durer …

 

 

 

 

 

Pour retourner dans le tumulte de Thamel, je décide de prendre le chemin des écolier et de passer par un restaurant que l’on m’avait conseillé avant mon départ. Cela fait vingt ans - voir plus - que Caroline Sengupta s’est installée à Kathmandu et a ouvert son enseigne Chez Caroline. Repaire pour les français et européens en mal de cuisine de chez nous, je ne peux que vous conseiller cet adresse. Je ne m’y suis arrêté que le temps d’une collation et il faut dire que la mousse au chocolat était … à tomber … Madu, le serveur qui parle un français parfait, me racontait les fois ou il était venu pour visiter Paris et le Sud de la France. Il me disait également que Caroline fait importer le chocolat directement de France pour avoir une qualité au top. Là encore, c’est un endroit ou l’on pourrait passer des heures et des heures perdus dans ce havre de paix.

 

Pour clore la journée, je suis allé manger dans un repaire de trekkeurs. On distingue clairement dès notre entrée ceux qui viennent de passer de longues journées  de marche dans les montagnes. La cuisine népalaise est en générale très bonne et généreuse avec des prix défiant toute concurrence. Il ne faut donc pas s’en priver.

 

 

16-01 : 13 km à pied - 5 100 roupies

 

04.15 du matin … départ en voiture pour Nagarkot à 2170 mètres d'altitude. Les routes sont atroces. Des trous, des dos d'âne et des trous. Je n'ai pas mangé ce matin mais mon estomac vide commence à se sentir de travers.

Nous arrivons un peu tôt vers 05.30. Il fait encore nuit noire et le froid est pénétrant. Tout le monde se rassemble autour d'un feu de fortune pour essayer de se réchauffer. Dans quelques minutes, le jours va se lever. Le soleil pointera le bout de son nez derrière les montagnes, donnant un panorama fantastique sur l'Himalaya. Lorsqu'il daigne se montrer, l'astre réchauffe les coeurs et les corps. La lumière orange s'étale peu à peu sur le paysage et les pics enneigés se découvrent. L'Everest est minuscule vue d'ici ! Tout le monde applaudit à la vue de ce spectacle magique.

 

 

Je vais passer la journée en compagnie de Jiwan, un jeune guide bouddhiste de vingt et un ans.

 

Pour redescendre dans la vallée, nous décidons de marcher et d’envoyer notre chauffeur un peu plus loin. Nous discutons de tout et de rien. En voyant un camp de l’armée et des militaires en exercice, Jiwan m’apprend que le service n’est pas obligatoire. Je lui demande alors si tout se passe bien avec leurs voisins chinois et indiens. Il me répond que tout se passe pour le mieux et qu’il ne faut pas que cela change car le pétrole et le gaz transitent par ces pays. S'ils venaient à entrer en guerre, l’approvisionnement serait coupé et cela aurait des conséquences désastreuses. Le Népal est donc en bons termes avec ses frontières.

 

Un peu plus loin, il me raconte qu’il y a quelques temps, le premier ministre - qui est hindou - voulait interdire l’importation de Katas. Les bouddhistes se sont révoltés car sans ces écharpes blanches, ils ne peuvent pratiquer aucun de leurs rites. Des tensions entre hindous et bouddhistes ont alors éclatés puis le gouvernement à abandonné cette drôle d’idée. Aujourd'hui, les différentes croyances se côtoient assez bien - ou s’acceptent je ne sais pas. Seuls les musulmans sont un peu mis à l’écart par peur … Je me devais donc de lui poser une question : un/une bouddhiste peut-il/elle épouser un/une hindou ??? Et bien oui ! Cela serait très difficile mais en théorie, c’est possible. Mais bon, Jiwan me dit qu’il n’a jamais vu un tel mariage et qu’il n’en a jamais eu connaissance … Après deux heures de marche / discussion et avant de reprendre la voiture,  je lui demande si les moines peuvent eux aussi se marier car en ville, j’avais remarqué que beaucoup d’entre eux étaient accompagnés par des femmes. La encore, la réponse est oui !

 

Une heure de route plus loin à travers la campagne, nous arrivons à Bhaktapur, ville située à treize kilomètres à l'Est de Kathmandu. Il est 10.00 heures et je suis déjà crevé ... Nous visitons un peu la ville et le Durbar Square mais mon attention n'est pas la ... Jiwan lui aussi semble rapide dans ses explications ... L'entrée du site excessivement cher, la fatigue et les temples détruits ont raison de ma patience et je lui fais comprendre qu'il est temps pour moi de rentrer. Le lever à 03.00 heures commence vraiment à se faire sentir.

 

Normalement la journée guidée devait s’arrêter la mais mes deux acolytes décident de m'emmener visiter un tout dernier temple et pas des moindres. Perdu dans les embouteillages matinaux, nous nous arrêtons pour notre destination finale, devant Pashupatinath. Daté de 1696, ce site est un haut lieu du culte hindou équivalent en Inde à Varanasi. Pour commencer, il faut longer la Bagmati, une rivière noire et polluée au possible mais pourtant hautement sacrée. Puis très vite, une odeur de brulée nous accueille. Se dressent alors une dizaine de Ghats, de petits autels servant de crématoriums. Pour nous qui avons un rapport à la mort très tabou, voir le corps d’une personne décédée allongée par terre, ou encore voir le corps en train de brûler peut être déstabilisant - car malgré la paille qui recouvre le tout, il n’est pas rare de voir un pied, un bras, voir plus dépasser au milieu des flammes. Ces rites ont lieu tous les jours. Une partie est réservée aux riches, l’autre aux pauvres. Au centre, au pied du temps, seuls les membres de la famille royale peuvent y être incinérés. Heureusement, non loin de la, les Sadhus nous courent après pour prendre des photos en échange d’une offrande - de quoi détendre un peu l’atmosphère. 

 

Les temples sont interdite aux non hindous. La visite est donc assez courte et nous devons nous contenter de faire le tour des remparts.

 

 

 

 

Malgré la fatigue de plus en plus pesante, je ne peux refuser l'invitation de Jiwan à aller boire un café dans son bureau qui est tout proche. Avant de retourner à notre voiture, nous passons derrière le temple par de petites ruelles. Il fait un premier arrêt à son ancienne école pour me faire visiter et pour dire bonjour au concierge. Ensuite, nous nous arrêtons faire le tour d’un Stupa important pour lui. Finalement nous arrivons à son lieu de travail. La pièce est petite mais il est fier de me montrer cet espace rien qu’à lui. Le bâtiment est une sorte d’école pas vraiment officielle ou des cours de langues sont donnés. Anglais, chinois, français, allemand … chaque professeur a sa spécialité. Jiwan lui enseigne l’anglais à une vingtaine de jeunes. Il me dit qu'il n'a jamais été au delà de la petite école. Depuis ses neuf ans, il se débrouille seul. Après avoir fini notre café himalayen, nous retournons à mon hôtel … Après avoir pris une petite sieste bien méritée … Je ne me souviens plus du reste de ma journée …

 

 

17-01 : 1 km à pied - 2 065 roupies

 

Si peu de mètres parcourus ??? Et oui ! J'ai passé toute ma journée dans mon lit à regarder les informations, à lire et à écrire. Après une semaine de marches et d'émotions intenses, ne rien faire de sa journée et prendre une petite pose est bénéfique et agréable pour regonfler les batteries. Je ne suis donc sorti de sous ma couette que pour le petit déjeuner et pour le dîner. Il ne me reste donc plus que deux jours ici. Deux jours que je vais passer à me balader tranquillement, à faire du shopping et à prendre une grosse dose d'adrénaline … 

 

18-01 : 9 km à pied - 3 640 roupies

 

Cette journée fût dédiée au shopping. Quatre à cinq heures de marche dans les petites ruelles commerçantes en quête de souvenirs à ramener. Il y a probablement trop de choix sur les étales des vendeurs … ou alors je ne sais pas me décider … Après m’avoir vu passer une quinzaine de fois devant leurs boutiques, je repartirai du Népal avec un bol chantant tibétain. Il n’est pas spécialement joli, le son qu’il émet n’est pas spécialement harmonieux … Mais je l’ai aimé au premier coup d’oeil. Au départ, je voulais acheter un Dorje, qui est un objet rituel hindou et bouddhiste. Au final, j’ai craqué, comme beaucoup d'autres touristes, pour un des millier de bols en vente dans la ville.

 

Rien à d’autre …

 

Lors de cette marche, j’ai également eu l’occasion de goûter le célèbre miel népalais et pas n’importe lequel. Si s’agit du miel de tous les records : collecté à 3 000 mètres d’altitude sur des parois abruptes de plus de 200 mètres ; les abeilles sont les plus grosses du monde et les plus agressives ; issus d’une tradition ancestrale, les chasseurs y vont pieds et mains nus …

On dit que ce miel aurait des vertus hallucinogènes et médicinales. N’aimant pas le miel en général, je n’en ai goûté qu’une toute petite quantité - pas assez pour  que des djembés fassent un concert dans ma tête. Il n’est pas mauvais je dois l'avouer, avec un petit goût de caramel ! Du moins c’est ce que disent tous les européen au vendeur. Vendu 15€/kg, c’est également l’un des miels les plus cher.

National Geographic a sorti un article ainsi que de superbes photos sur cet or liquide et sur la tribu qui s’occupe de cette collecte.

 

19-01 : 3,5 km à pied - 2 060 roupies

 

La dernière journée au Népal sera probablement la plus chargée en émotions. Départ de l'hôtel 05.30 en direction des gorges de la rivière Bhote Kosi près de Chakhu, à seulement dix kilomètres au Sud de la frontière tibétaine. Il faudra plus de quatre heures de bus pour parcourir les cent kilomètres qui séparent ce point de rendez-vous et Thamel. Les routes sont défoncées, on se croirait dans un champ de mortiers. De plus, la plupart des routes sont à moitié tombées à cause des tremblements de terre et des glissements de terrains. Je crois n'avoir jamais eu aussi peur lors d'un trajet routier ... Les bus montés sur amortisseurs, rebondissent à droite, puis à gauche et semblent prêt à se reverser à tout moment ... Dans les virages, les roues frottent sur la carrosserie ... En regardant par la fenêtre, je ne vois le bord de la route ce qui veut dire que nous sommes VRAIMENT tout au bord de cent mètres de précipice ... 

 

Le vide est un élément essentiel de ma journée car en réalité, je me dirige vers quelque chose appelé The Last Resort.  Il s'agit du saut à l'élastique le plus haut d'Asie du Sud avec une chute de 160 mètres (soit la moitié de la Tour Eiffel) ! Il fait également partie des plus hauts sauts au monde ... Il faut commencer par traverser un pont suspendu assez douteux pour accéder à l'hôtel qui organise ces activités extrêmes (canyoning, rafting ...). Vient l'heure du saut. Nous sommes appelés par ordre de poids. Les népalais et chinois n'étant pas très gros, je passe second ce qui est plutôt une bonne choses car le stresse n'a pas le temps de monter. On m'équipe d'un baudrier, on m'attache les chevilles et sans vraiment avoir le temps de réfléchir, je me retrouve au bord de la nacelle ... Une personne me tient dans le dos et me dit " Quand je dis go tu sautes ... Trois ... Deux ... Un ... GOOO !! " 

 

Pourquoi je suis ici ???

 

Le but étant ce faire un saut de l'ange, la tête la première pour ne pas se faire mal à la réception. La tête la première ... C'est encore plus flippant. Une fois dans le vide, on ne contrôle plus rien. La première partie du saut, tout se passe bien ... Ensuite, vient la montée d'adrénaline. La sensation est assez difficile à expliquer ... Le souffle est coupé, le coeur palpite et le sang monte au cerveau lors des rebonds ... De quoi vous donner envie d'y aller. Une fois sur terre et déséquipé, c'est l'euphorie. Le saut dure six secondes. C'est énorme. Essayez de compter et vous verrez. Mais lorsque vous êtes en chute libre, le temps semble s'accélérer et tout se passe en un claquement de dois.

Au bout  du troisième rebond, il faut se redresser et attendre une manette au niveau des pieds pour les libérer et passer en position assise. Pour finir, il suffit de se laisser remonter en admirant la vue.

 

Le premier à passer et moi discutons de cette expérience. Nous nous sentons légés, comme sur un nuage. L'adrénaline est passée et nous sommes maintenant dans une phase d'apesanteur. Pendant une heure, nous regardons les suivants assis sur le ponts en train de stresser et de se poser des questions. Voila pourquoi je remercie la balance de m'avoir fait partir en second !

 

Le reste de la journée est plus tranquille. Déjeuner et repos sur les transats en plein soleil. Puis vient le moment du départ … et les quatre heures de bus retour … dans les mêmes conditions qu’à l’aller …

 

20-01 : 2,6 km à pied - 600 roupies

 

 

Voila … 10.00 heures il est temps de quitter l'hôtel pour prendre la direction de l'aéroport … Ces quelques jours passés à Kathmandu ont été riches en émotions et en découvertes. Les népalais ont une culture et une histoire formidables et impressionnantes. Il me faudrait bien plus de deux semaines pour en approfondir les grandes lignes que j’ai eu le plaisir de découvrir. Peut-être reviendrais-je un jour ? J’espère avoir l’occasion de parcourir les sentiers de l’Annapurna ou de me rendre au Kala Pattar.

 

Au retour, l’aéroport est encore un plus grand bazar qu’à aller … Je ne pensais pas ça possible … A cause du trafic aérien danse, mon vol est “ retardé de 15 min ” ; soit 01h30 si l’on traduit en népalais ... Manque de chance, je n’avais une heure trente pour avoir ma correspondance. J’ai donc passé les huit heures de vol à me demander si j’allais l’avoir ou non. Arrivé sur le sol Turc, une française avec un chat en cage et moi courrons pour essayer de l’attraper de justesse … En vain … Nous devrons attendre le lendemain matin pour prendre le prochain avion à destination de Charles de Gaulle. En attendant, la compagnie nous offre une nuit en hôtel quatre étoiles en plein coeur d’Istanbul.

 

Quatre heures de sommeil plus tard, il est déjà temps de se lever et de rentrer enfin chez moi.

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

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