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Kathmandu, Népal - Carnet de voyage 2.0

23 Jan 2018

 

 

 

11-01 : 6,5 km à pied - 2 260 roupies

 

Kathmandu !

 

La simple évocation de ce nom fait naître en chacun de nous des émotions et des imaginaires propres. Synonyme de bout du monde, de ville hippie, de rêveries himalayennes ou encore de centre spirituel, la capitale népalaise regorge de surprises et d'histoires.

 

A à peine douze heures de vol de Paris, le décalage horaire de cinq heures est assez violant. La différence de fuseaux n'est pas le plus marquant ni même le plus déroutant à l'arrivée. Je n'ai pas beaucoup voyagé en Asie de l'Est et certaines choses me sont un peu étrangères ou restent surprenantes au départ. Je me souviens par exemple que le code de la route mongol était … spécial pour ne pas dire original. Au Népal c'est la même chose … en pire. À peine monté dans le taxi en direction de l'hôtel qu'un ballet de voitures s'opère tout azimut. Les motos et scooters slaloment dans tous les sens en klaxonnant autour des piétons qui eux sont comme des milliers de petites fourmis au milieu de tout ce bordel ; le but étant, à toute vitesse, de ne pas leur rouler dessus tout en leur klaxonnant joyeusement après.

 

Une fois installé dans ma chambre, l'exploration des rues alentours se fait sentir et je décide de marcher pendant deux heures, histoire de prendre la température de la vieille ville. Tout était plus simple dans le taxi au final car la encore ce sont des agression de toute part - Paris n'est rien en comparaison. Il fait chaud en ce mois de janvier. Le soleil tape et il n'y a aucun nuage. Les échappements des deux roues qui nous frôlent sans cessent se font sentir. Ces derniers soulèvent sur leur passage des nuages de poussière qui, mélangés à l'essence, deviennent très vite étouffant - d'ou l'utilité de porter un masque comme beaucoup le font. Heureusement, au détour d'une ruelle, une odeur d'encens ou d'épices se fait parfois sentir rendant la marche un peu plus agréable. Toutes les rues sont bondées. Les voitures s'y faufilent … en klaxonnant. Le silence n'existe pas (à l'heure ou j'écris - 21.30 - le silence tant attendu arrive. En fin de journée, des " Happy Birthday Maya " ont été chantés à tue tête et maintenant, les devantures de vitrines se ferment pour laisser place à la nuit calme). Sur le chemin, trois personnes essaient de me vendre du hachich. Ai-je une tête à ça ? Après m'être perdu une bonne demie heure je ne sais ou et sans avoir une seule fois sorti l'appareil photo, je rebrousse chemin en direction d'un repos bien mérité.

Certains diront que je grossis les traits de cette première expérience … Ce sont en tout cas mes impressions probablement faussées, je l'avoue, par la fatigue, la faim et le changement brutal de mode de vie. Rien de tout cela n'est négatif dans mon esprit. Demain sera un jour nouveau et je partirai à la découverte des merveilles que Kathmandu a à offrir … et il y en a.

 

 

12-01 : 8,5 km à pied - 12 755 roupies

 

Réveil 02.00 heures du matin, le décalage horaire ne se fait pas dans le bon sens …

 

Après avoir finalisé de planifier certaines choses dans la matinée, je sillonne les rues en direction de Durbar Square, le quartier médiéval de la ville. Les rois étaient couronnés sur cette place, tout près de leur palais. Ici, la concentration de population y est très dense. C'est un quartier qu'il faut visiter car il regroupe des chefs-d'oeuvre d'architecture hindouiste. Malheureusement, le tremblement de terre de 2015 a fait énormément de dégâts. Certains temples se sont écroulés, d'autres ont été sévèrement touchés et font l'objet de réparations intenses comme l'ancien palais royal Hanuman Dhoka. Cet édifice qui remonte à la période Licchavi (IV-VIIIe siècle) a été durement touché. Comme quoi l'histoire peut s'effacer en un instant.

C'est également dans ce quartier que vit la déesse Kumari. Il est possible de la voir à la fenêtre de sa chambre de 09.00 à 11.00 heures. Lorsqu'elle est présente, aucune photo n'est possible. Cette jeune fille de quatre ans symbolise la déesse protectrice et l'énergie spirituelle de la ville. Elle sera remplacée à sa puberté.

 

Chose quelque peu énervante à Durbar Square, il est impossible de se promener tranquillement. Des hommes vous accostent et vous proposent une heure de visite en leur compagnie pour vous expliquer les richesses de ce lieux. Si vous refusez, un autre prend sa place aussi tôt et vous promet d'être le meilleur guide qui soit. Après trente minutes à lui expliquer que vous n'êtes pas intéressé (temps réel montre en main), les autres se suivent et se ressemblent … Si vous voulez être tranquille, acceptez une de ces propositions. Ce guide soit disant officiel vous apprendra néanmoins des choses et il sera une protection plus qu'efficace. Cette technique est valable pour tout : taxis, guides, … du moment que vous êtes avec un népalais, on vous laissera tranquille. 

Voulant alors fuir tout ceci, je me suis réfugié dans un restaurant non loin de la pour goûter une des spécialités népalaise : les momos ! Il faut les essayer au moins une fois … voir plusieurs fois car comme en Mongolie, ces petits raviolis sont super bon !

 

   

Dans les grandes rues touristiques, je ne compte plus les gens qui me proposent de la drogue. J'ai alors décidé de me perdre volontairement dans des petites rues au Sud de Thamel. Ici, je n'ai croisé aucun touriste. Personne n'est venu me parler. Personne n'a même vraiment fait attention à moi. Les habitants étaient tous occupés à leurs occupations. C'est ce Kathmandu la que je voulais voir ! Devant un dentiste ou un forgeron, je m'arrête, prends une photo et nous échangeons un Namasté avec les locaux. Il arrive de discuter de tout et de rien avec un vendeur … Je ne me sentais pas comme une vache à lait perdu au milieu d'autres vaches à lait. La vie quotidienne des habitants suivait son court et je pouvais tranquillement les observer, sans bouger et sans risque.

 

Ce n'est pas une journée ou j'ai pris beaucoup de photos. Je n'y arrivais pas. Non pas par peur que l'on me demande de l'argent en échange mais simplement parce que je n'en avais pas envie … Cela arrive parfois. Les images resteront dans ma tête. Tant pis pour vous !

 

Après cette journée riche en émotions, je me suis dirigé vers un petit parc caché : le Jardin des Rêves - Swapna Bagaicha. Invisibles derrière un mur d'enceinte, ces jardins aménagés en 1920 par le maréchal Kaiser Shamser (1892-1964) sont une copie de jardins à l'anglaise. Ce lieu est idéal pour faire une pause en pleine ville et se sentir loin de tout. C'est beau, c'est calme. Les gens y viennent pour lire, se reposer, pour un premier rendez tinder, pour manger une glace et être loin de l'agitation.

 

Vers 18h00, je pars dîner dans un Steak House recommandé par je ne sais plus quel guide. L'accueille est chaleureux. Je me retrouve seul dans ce petit restaurant. Comme d'habitude, on me demande d'ou je viens. Un des serveur me récite les quelques mots de français qu'il connait et nous discutons un peu avant que je passe commande. En mangeant, je suis absorbé par mon téléphone. Ici le wifi ne saute pas toutes les trente secondes et je profite alors de ce moment pour répondre à mes mails et regarder les informations. Tout à coup, quelque chose m'attaque les oreilles. J'entends du français ! Les serveurs, par soucis de gentillesse, viennent de mettre Maitre Gims en playlist … "Blablabla Bella" … l'intention y est … ce qui me chagrine c'est que mes hôtes ont dut chercher best french songs sur google ou youtube et voila ce qui en ressort … Je retourne à ma viande et à facebook.

 

Une fois rentré à l'hôtel, je discute rapidement avec une amie qui était venue à Kathmandu il y a quelques années. Je me rappelle encore les photos de stupas qu'elle postait sur les réseaux sociaux et c'est probablement en partie grâce - ou à cause d'elle - que je suis ici aujourd'hui. Je lui demande alors si elle aussi avait trouvé la vie fatigante. Elle me répond que son voyage avait été génial mais qu'elle avait eu cette même sensation à cause du bruit omniprésent, des klaxons, des voitures, de l'agitation, des regards insistants - encore plus pour les femmes. Me voila soulagé. Je ne suis pas le seul à ressentir tout cela. Elle me dit également quelque chose de très juste " L'Inde comme le Népal sont des destinations réservées aux voyageurs initiés - après, tout semble facile." 

Par chance, je ne suis pas à mon coup d'essais. Ce n'est pas le premier voyage que je fais, loin de la, ni même mon premier voyage en solitaire. Ce qu'elle vient de me dire est parfait pour résumer ce que je cherchais à exprimer depuis plusieurs heures. C'est un conseil que je donnerai à mon tour à quiconque voudra y aller. Il faut avoir découvert autre chose avant de venir à Kathmandu. Dans le cas contraire, cela peut devenir un puissant vaccin anti-voyage. Je conseillerai également de venir à deux pour avoir un soutient. Hormis les quelques voyageurs français à qui je dis bonjour lorsque je les entends parler - et on en croise TOUJOURS partout dans le monde … même au milieu des steppes - je ne vais pas vers les autres touristes. Un ami ou un compagnon de route peut être ici réconfortant.

13-01 : 6,5 km à pied - 2 375 roupies

 

Réveille - volontaire cette fois - 05.00 heures. Départ en taxi 05.45 - enfin 06.05 car il est en retard - direction les vols internes de l'aéroport de Kathmandu. Au programme, vol au dessus de la chaîne montagneuse de l'Himalaya. Manque de chance, les vols sont annulés car les conditions météo ne sont pas bonnes … Je décale donc au lendemain … En attendant je retourne dormir un peu.

 

Avant d'arriver au Népal, j'avais regarder sur internet et dans les livres, les lieux que je voulais visiter. L'idée de tout faire à pied me semblait être une bonne option et totalement envisageable. Aujourd'hui, je voulais aller visiter le monastère de Kopan situé tout en Nord de la ville. Quand je dis tout au Nord je veux dire TRÈS au Nord ! A exactement 6,2 kilomètres. Googlemap me donnait un trajet de deux heures de marche … pourquoi pas … Malheureusement j'ai très vite compris que la circulation et le monde sur les trottoirs faisaient augmenter les distances à pied de moitié. Trois heures de marche aller et trois heures de marche retour après m'être levé à cinq heure … Je fini par prendre un taxi … 

Le choix fut judicieux car il faut grimper et encore monter pour accéder au monastère. Mon chauffeur, un jeune homme de 25 ans et son ami de 19 ans viennent de me faire vivre une course poursuite dans les rues de Kathmandu digne d'un film de Bollywood ! Samedi 12 janvier 2018 est le jour ou j'ai compris ce que signifiait n'avoir aucun code de la route … Vous pensez avoir tout vu à Marseille ? Détrompez vous ! Ce fut quand même une bonne dose d'adrénaline … et au final, il faut l'avouer, assez drôle. Les deux compères sont assez marrants. Ils me parlent de leurs vies. Le chauffeur lui est marié à une femme de 20 ans. Cela ne l'empêche pas pour autant de s'arrêter devant les jolies jeunes filles et de discuter avec elles. Comme elles sont nombreuses au Népal cela fait un sacré nombre d'arrêts … 

 

Il commence par m'emmener à Budhanilkantha, le site le plus sacré pour les Hindous du Népal. Il est réservé à Vishnu. Longue de cinq mètres, la déesse allongée sous la forme de Narayan fait surgir de son nombril un lotus, qui donne naissance à Brahma, le créateur de l'univers. Datée du VIIe siècle, cette statue taillée dans un seul bloc de pierre noire symbolise la création de toute vie, entourée de la mer cosmique.

Après m'avoir raconté toute l'histoire de ce lieu, le chauffeur s'en va prier au pied de la déesse. Ne pouvant l'accompagner, j'en profite pour prendre quelques photos. A son retour, il tient dans sa main une feuille d'arbre contenant une poudre rouge. Il m'en dépose sur le front et dit " Vishnu blessings ". Il m'explique ensuite la symbolique de ce geste de bénédiction appelé tika (ou bindi). Je lui demande alors pourquoi les femmes portent également cette poudre rouge en faut du front, à la base de leurs cheveux. C'est signe qu'elles sont mariées. Je comprends alors mieux certaines choses !

 

 

Nous partons ensuite dans les montagnes alentours. Avec son mini van, au travers de tous petits villages dont les routes sont … plus que chaotiques. Mêmes les 4x4 ont du mal mais si un bus remplis de locaux passe … alors pourquoi pas nous !

Nous nous arrêtons à la fin de la route. Les maisons surplombent la vallée et offrent une vue entière sur Kathmandu. C'est en prenant de la hauteur que l'on se rend compte d'une part de la magnificence de ce pays, mais d'une autre part, de son état de pollution.

Après qu'il ait acheté … des herbes médicinales, mon chauffeur et moi reprenons la route en direction du Monastère de Kopan. Là encore, il s'agit d'un haut lieu religieux et spirituel mais cette fois ci pour la culture Bouddhiste. Il fut fondé par le lama Tenzin Osel sur une colline au Nord de Bodnath. A la mort du lama, les moines cherchèrent sa réincarnation et cette histoire inspira le film Little Buddha de Bernardo Bertolucci. Le monastère fait également office d'école pour les non initiés qui veulent méditer une journée, ou faire une retraite allant de deux semaines à plusieurs mois. C'est probablement le meilleur endroit de l'Himalaya pour apprendre le bouddhisme tibétain. Entouré par un mur d'enceinte, cet immense monastère nous plonge dans un monde parallèle. Un monde régit par le calme absolu et par la plénitude. Devant le temple principale, je demande à un moine si je peux y rentrer pour visiter. En chuchotant, il m'apprend qu'en ce moment, l'heure est à l'enseignement et qu'il faut attendre la fin. 

 

  

En redescendant vers les villages en contrebas, nous croisons quatre jeunes filles. Cela tombe bien, il reste quatre places dans le van. Le chauffeur décide de les prendre, leur présente son tout nouvel ami français, le copilote se fait tout beau et tout le monde glousse. Après un petit détour, nous finissons pas les déposer … je ne sais trop où. 

 

Pour finir la journée, je me perds une nouvelles fois dans les petites rues de Thamel à la recherche d'un souvenir assez spécifique : un bel anneau que les femmes népalaises portent au nez appelé bulaki. J'aime rapporter de mes voyages des souvenirs un peu spéciaux. De Tanzanie, les Masaïs m'avaient donnés un de leur écarteur en bois pour les oreilles. Ces bijoux typiques de ces endroits que je visite me plaisent et représentent le plus fidèlement possible, les personnes extraordinaires que je croise.

 

La suite de ce voyage viendra très vite ...

 

 

   

 

 

 

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