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Le Sema et les derviches tourneurs

21 Mar 2017

 

 

 

Assister à une cérémonie de derviches tourneurs est une chose à ne pas manquer pour quiconque visite la Turquie et plus particulièrement Istanbul. Pour ma part, voir une telle performance était un rêve de longue date qui s’est aujourd’hui réalisé.

 

Le mot derviche vient du persan derwiš et signifie mendiant. Les derviches sont des religieux musulmans qui, à l'époque de la Perse, faisaient voeu de pauvreté et suivaient les préceptes soufis. Leur histoire et leurs racines remontent à près de huit siècles et seraient les héritiers de la voie de Mevlevi. Cet ordre a été inspiré au XIIIème siècle par les chants du poète Djalâl ad-Dîn Rûmî (1207-1273) et il sera officiellement fondé, à la mort de ce dernier, par Husâm od Dîn Chelebî et Sultân Valad. Tout au long du règne Ottoman, ces disciples acquièrent un très grand respect mais cette renommée gagnée à travers les âges se voit répudiée et sa pratique, elle, est interdite dans les années 1920 par le très célèbre président de la République de Turquie : Mustafa Kemal Atatürk (1881 - 1938).

 

L’ajout du substantif tourneur, vient quant à lui de la cérémonie du Sema. En effet, cette danse peut étrangement rappeler le mouvement d’une toupie qui tourne sur elle même.

 

Si de nos jours il s'agit davantage de spectacles folkloriques pour attirer les touristes, quelques rares salles proposent encore de véritables cérémonies religieuses ouvertes à un petit nombre.

 

Le rituel commence par des chants religieux Ottomans accompagnés par la ney (flûte en roseau), le kudüm (double petits tambours) et le kanun (instrument à corde de la famille des cithares). Cette introduction nous fait peu à peu entrer en méditation. Les mélodies et les paroles se répètent dans des cadences qui vont crescendo avant de s’arrêter brutalement pour faire entrer les danseurs.

 

La tenue des derviches tourneurs est très importante et remplie de symboliques : tout d'abord, le hirka. Ce long manteau noir représentant la tombe est abandonné avant le début de la danse puis est revêtu avant la sortie. Le sikke, est un grand chapeau en poil de chameau symbolisant la pierre tombale. Pour finir, la tennure est cette emblématique robe blanche qui représente le linceul et qui vacille à mesure que les derviches tournoient.

 

Après quelques prières, le voyage spirituel débute. Au fur et à mesure que les derviches tournent, leurs âmes communient entre elles mais également avec le monde du divin. Leurs mains droite sont levées la paume vers le ciel pour recevoir la grâce d’Allah. Cette parole est répandue et semée par le danseur qui dirige la paume de sa main gauche vers le sol.

 

Petit à petit, cette valse se fait de plus en plus rapide. L’émotion se lit sur les visages des hommes qui entrent en transe. La tête penchée sur le côté droit, les gestes lents et les mouvements incessant de leurs tennures délivrent une poésie visuelle rare et indescriptible. A la façon d'une petite ballerine de boite à musique, les derviches tournent et tournent au rythme de la musique les yeux fermés et sans jamais dévier de leurs axes.

 

Nous assistons là à une union avec Dieu mais également à une renaissance du corps et de l’esprit.

 

Décrire en entier ce Sema serait très long car chacun de leurs mouvements et chacun de leurs tours ont une symbolique propre. Le mieux est donc de vivre cette expérience.


Si vous allez à Istanbul, prenez une heure en fin de journée pour vous reposer et rêver face à cette cérémonie inoubliable. Sur le coup, vous oublierez vos dix heures de marche dans les rues de la capitale culturelle et vous vous coucherez avec une sensation de légèreté.

 

 

 

 

 

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