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Hanoï, Viêt Nam - Ha Long Land

21 Jan 2019

 

 

 

Qui n’a jamais rêvé de voir de ses propres yeux la mythique baie d’Ha Long et de naviguer sur ses eaux turquoises au milieu des imposantes cathédrales géomorphologiques qui la rendent si célèbre ?

 

Quelque part en pleine mer de Chine, dans le golfe du Tonkin pour être précis, Vịnh Hạ Long étale sur 120 kilomètres de côtes une vaste baie naturelle d'eau marine de plus de 43 000 hectares et parsemée de près de 2 000 îles karstiques calcaires immergées. Aujourd’hui inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO et élue comme étant l’une des sept nouvelles merveilles de la nature, Ha Long n'est pas forcément le paradis que l'on s'imagine ... 

 

 

Pour s’y rendre, rien de bien compliqué. Il suffit de prendre le bus de bonne heure en partance de Hanoï et pendant les trois heures trente de route, notre imaginaire s’active. Les plus cinéphiles se rappelleront les scènes cultes du film Indochine avec Catherine Deneuve, ou encore les scènes d’actions de plusieurs James Bond qui y ont été tournées. Notre inconscient plante le décor : arrivée au port, croisière à bord d’une jonque traditionnelle en bois, le calme poussant les voiles aux formes si particulières, traveling à couper le souffle et souvenirs dignes des scénarios les plus romantique.

 

Malheureusement, la vérité est bien loin de ce cliché et cette vision datée du temps de l’Indochine française a quelque peu changé ...

 

Pour commencer, les dizaines de cars remplis nous mettent la puce à l'oreille lorsque nous roulons. Peu avant l’arrivée, le tourisme de masse nous montre ses ravages. A droite de la route, une copie de la Maison-Blanche est en train d'être construite. Ce palace pourra prochainement accueillir les plus fortunés au plus près de la baie. De l’autre côté, un parc d’attraction reste pour le moment désert. Jeux d’eau, statues à la Disneyland, toboggans géants et manèges à sensations font leur apparition. A ce moment la je n’ai qu’une envie, rentrer chez moi … Puis à l’entrée du parc national, c’est le drame. Un parking immense se remplit peu à peu de plusieurs centaines de bus et chaque année, c’est un peu plus de 3 millions de voyageurs qui, d’un pas pressé, se massent et se poussent pour arriver les premiers aux bateaux. C’est une sensation étrange qui monte tout d’un coup. Quelque chose qui, à l’intérieur commence à me déranger grandement car je ne pensais pas un jour cautionner ce genre de business …

 

Néanmoins, impossible de faire demi tour et tout est chronométré alors souquez les artémuzes ! A la sortie du port se joue un ballet composé d’un nombre incalculable de bateaux à deux étages. Certains se rentrent dedans, d’autres font marcher leurs moteurs à fond pour doubler le voisin en lui faisant une queue de poisson … Puis très vite, les formes rocheuses que nous attendions tant commencent à jaillir de l’eau. En ce lieu, il est facile d'oublier tout le reste. Il suffit de s'installer confortablement et de se laisser glisser sur l'eau. Notre regard se perd vers l'horizon. Le calme revient et le panorama nous en met plein la vue. Il est difficile de retranscrire de telles sensations car cette nature nous rend humble et sans voix. Les photos montrent la beauté de la baie, mais dans l'air, quelque chose d'inexplicable reste en suspens comme pour nous obliger à apprécier ces quelques minutes hors du temps. Nos voisins n'existent plus, notre vie parisienne est à des milliers de kilomètres de la et le temps s'arrête. Allez y vous comprendrez !

 

Volontairement, je n’ai pas voulu prendre en photo cette montée du tourisme de masse. Je ne voulais pas garder dans mes archives de telles visions alarmantes. Peut-être un jour arriverais-je à les effacer tout bonnement de ma propre mémoire pour ne garder que l'aspect magique de ce lieux, mais en attendant, je me chagrine d'avoir vécu ça. Pour moi, Ha Long est et restera sauvage - ou du moins, devrait rester cette baie dessinée sur une carte postale envoyée au temps colonial ... mais ça le pays ne l'a pas encore compris ... 

 

  

 

 

  

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