Baptiste Henriot | Voyages | Explorations | Découvertes | Europe | Asie | Scandinavie | Afrique | François-Auguste Biard | Auguste Mayer | Corvette La Recherche | Spitzberg | Expertise  | Léonie d'Aunet

©Baptiste Henriot 2016-2019

Toutes les images et les textes de ce site web sont soumis au droit d'auteur. Toute utilisation est interdite sans mon autorisation.

All images and texts on this website are subject to copyright. Any use is prohibited without my permission.

Granville - A bord d'un fameux trois mâts fin comme un oiseau

10 Jul 2018

 

 

 

" Je pars pour de longs mois en laissant Margot ! Hissez haut ! "

 

 

Personnellement, aucune Margot ne m’attend assise au bout de la jetée sur une bite d'amarrage … Donc pas la peine d’avoir le coeur gros en sortant de la baie de Granville et prenons la direction du pont du Marité pour une journée en mer toute voiles dehors au gré des flots et d'un vent d'Ouest. 

 

L’histoire de ce navire est liée de très près à l'océans arctique ainsi qu’à la Suède. Cela explique probablement pourquoi je m’y suis senti aussi bien et pourquoi j’ai eu cette soudaine envie de réserver une sortie moins de vingt-quatre heures avant le départ. Nous partageons des amours communs que je ne soupçonnais pas mais que je devais présentir.

 

Le Marité est lancé le 24 juin 1923, à Fécamp et porte le nom diminutif de la fille de son armateur : Marie-Thérèse Le Borgne. Sa mission première était d’aller pêcher la morue sur les bancs de Terre-Neuve, sur les côtes Est du Canada, jusque dans la fin des années 1930. Il est ensuite acheté par un armateur danois et s’en va sillonner les eaux de l’Islande, du Groenland, des Féroé, du Danemark et ce, très exactement cent ans après les voyages de la corvette La Recherche qui m’est si chère. Il faudra attendre 1978 pour que des amis suédois le remettent en son état d’origine après l'avoir trouvé à l'abandon. Son port d’attache deviendra, pour quelques année Stockholm ( <3 ). Le navire retrouve enfin la France aux débuts des années 2000 pour accueillir les touristes et leurs permettre de naviguer sur cette enseigne de légende.

 

A tous les évènements et rassemblements nautiques majeures, la présence de ce trois-mâts est indispensable - l'Armada de Rouen, la Transat du Havre ; la Route du Rhum de Saint-Malo ; l’Escale de Sète ; le Festival du chant de Marin de Paimpol ; les Temps fête de Douarnenez … la liste est longue.

 

Le Marité en quelques chiffres c'est :

• Un équipage de 6 marins

• Une longueur de 44,90 m 

• Un tirant d'eau de 3,60 m

• Un tirant d'air de 29 m

• Un tonnage de 170 tonneaux

• Et une voilure de 650 m² pour 16 voiles  - soit 1 tonne de voile

 

Les conditions météorologiques lors de cette journée étaient idéales : soleil et vent à ne plus savoir quoi en faire. A peine sortis du port, les moteurs sont coupés. L’équipage réquisitionne des volontaires pour hisser les voiles. Dix personnes sont nécessaires pour chacune d’elles : cinq à bâbord et cinq à tribord. Une fois ces dernières en place, Éole peut s’y engouffrer et nous faire avancer dans un silence que seules le bruit des vagues contre la coque vient rompre. L’océan d’un bleu d’azur s'étend devant nous à perte de vue avec comme ponctuation, les formes du Mont Saint-Michel qui se dessinent à l'horizon.

 

Alors, je m’assois sur une des rambardes de ce navire qui penche sous le poids du vent, arrête de prendre des photos, et profite tout simplement du moment présent avec le regard perdu au loin.

 

Aujourd’hui, Le Marité est le dernier des terre-neuviers français encore en navigation. Il s'agit donc d'une fierté culturelle et historique française et naviguer à son bord est un rare moment de plaisir privilégié ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload