Beijing, Chine - A l'assaut de la Grande Muraille




"Cette muraille, qu’on appelle communément la Muraille sans fin, enferme tous les pays situés au Nord et à l’Ouest de la Chine. Un Empereur l’a fit bâtir il y a environ six cents ans, pour s’opposer aux incursions fréquentes des Mongols et autres Tartares occidentaux ; qui avaient coutume de lever des corps de cavalerie nombreux, et de pénétrer dans le pays par différents endroits à la fois. Les frontières de la Chine étaient trop étendues pour pouvoir garantir des incursions d’un ennemi hardi et courageux, qui, après avoir saccagé ce pays opulent, s’en retournait chez lui chargé de dépouilles."


John Bell, Voyages depuis St. Pétersbourg en Russie, dans diverses contrées de l'Asie, tome 2, p.2, 1766



Cela fait quand même un petit quelque chose de se retrouver sur les remparts de cette immense et interminable forteresse - je dois l'avouer ... Il faut arpenter au moins une fois dans sa vie quelques-uns des 6 700 kilomètres de briques qui la composent pour pouvoir comprendre toute l’intensité de ce lieu. S'il n’y avait aucun touriste et si elle n’était pas faite de plusieurs tronçons, j’aurais aimé - utopiquement - la parcourir depuis la frontière de Corée jusqu'au désert de Gobi tant cette marche est agréable, surprenante, fatigante, inoubliable, inouïe, [ placez ici les adjectifs et qualificatifs que vous voulez ] …


Seconde étape de ma quête aux sept nouvelles merveilles du monde, la Grande Muraille de Chine semble ne pas avoir de fin et l’horizon même ne paraît pas pouvoir l’arrêter. Pourtant, cette dernière n’a pas pu empêcher l’invasion des Mongols et du plus célèbre de tous, à savoir Gengis Khan, dont l’armée arrive à entrer dans Pékin en 1215.


Au départ de la capitale chinoise, plusieurs sites sont facilement visibles et accessibles en bus. Pour ma part, j’ai fait le choix de partir voir la section de Mutianyu pour plusieurs raisons. Premièrement car il s’agit d’une des plus anciennes parties, datée du VIe siècle. À son époque, elle était utilisée comme barrière de défense contre les invasions et les attaques venues du Nord, mais elle servait également de cimetière impérial. Ensuite, son état de conservation est incroyable et sa construction reste particulière car elle est composée de 22 miradors parsemés sur près de 2,25 kilomètres de long - soit un mirador tous les 100 mètres. Enfin, raison la plus importante, Mutianyu est l’une des sections les moins visitée - ou du moins l'une des moins encombrées. Il est possible de s’y promener dans le calme, parfois même sans croiser quelqu’un pendant de longues minutes et ça, en Chine, ça n’a pas de prix !


Maintenant, amusons-nous à détruire un mythe bien ancré dans notre culture générale.


En 1754, l’antiquaire anglais William Stukeley émet l’hypothèse que la construction serait visible depuis l’espace. Dans une lettre il imagine que : “ Le mur d’Hadrien n’est dépassé que par la muraille de Chine, qui dessine une formidable figure sur le globe terrestre, et pourrait bien être visible depuis la Lune ”. Il n’en faut pas plus pour lancer un mythe. Dès lors, cette supposition est prise pour une affirmation et sera réutilisée par de nombreux écrivains tout au long des siècles. Encore aujourd’hui, cette idée à la peau dure et est considérée comme véridique. Malheureusement, à son époque, Stukeley ne pouvait pas vérifier ses dires et il aura fallu attendre le retour d’Apollo XI en 1969, pour que la question soit posée à Neil Armstrong. Il réfuta la théorie aussitôt et ajouta même que depuis notre satellite naturel, aucune construction humaine n'est visible. Les cosmonautes vont plus loin en affirmant que la muraille n’est même pas visible depuis l'ISS, la Station Internationale - qui, rappelons-le, se trouve assez proche de la Terre. Ceci s’explique très facilement : l’édifice n'étant pas plus large qu'une autoroute, cela reviendrait à essayer d’observer un cheveu à plus de trente kilomètres. Essayez et vous me direz si vous y arrivez.


Dans tous les cas, cela n'enlève rien à sa grandeur et à la sensation que l'on éprouve lorsqu'on se trouve au pied de cet imposant monument.



Bien évidemment, je ne pouvais décemment pas aller à Pékin sans penser à l'un de mes artistes favoris à savoir Ai Weiwei. Petit passage par la place Tian'anmen et photo hommage à sa série Study of Perspective que j'aime tant ...






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