Baptiste Henriot | Voyages | Explorations | Découvertes | Europe | Asie | Scandinavie | Afrique | François-Auguste Biard | Auguste Mayer | Corvette La Recherche | Spitzberg | Expertise  | Léonie d'Aunet

©Baptiste Henriot 2016-2019

Toutes les images et les textes de ce site web sont soumis au droit d'auteur. Toute utilisation est interdite sans mon autorisation.

All images and texts on this website are subject to copyright. Any use is prohibited without my permission.

L’expédition 7e continent - Protéger l'océan ça s'apprend

19 Sep 2018

 

 

 

Une goélette de 28 mètres de long dont le bleu de la coque pourrait faire frémir Yves Klein et ses monochromes, cela ne passe pas inaperçu dans le petit port de La Ciotat. Le bâtiment 7e continent fraîchement acheté, repeint et réhabilité en navire scientifique s'apprête à sillonner les mers sous le commandement d’un ancien sapeur-pompier aux idées folles. 

 

C’est en 2009 que tout commence lorsque Patrick Deixonne se lance le défi de traverser l’Océan Atlantique à la rame. Sur le chemin, au milieu de nul part, son embarcation percute un objet flottant dont la place n’a rien à faire dans les eaux à savoir un pare-choc de voiture. A cet instant précis, Patrick se rend compte que les Océans, la Terre, et par extension ses habitants, courent un grave danger.

Malheureusement le mal est déjà fait et les conséquences de notre développement - mais aussi de notre bêtise - sont irréversibles. Mais si faire machine arrière est impossible, nous pouvons faire en sorte de stabiliser la propagation de cette pollution maritime. Pour cela, il faut essayer de comprendre ce qu’il se passe en mer et c’est là que Patrick et son équipage interviennent.

 

Pour mieux cibler les problèmes qui se posent, il faut essayer d’imaginer un territoire équivalent à six fois la France, soit la moitié du continent européen. Cette nouvelle “nation”, qui est en constante expansion, a émergé à cause des déchets que Monsieur Toutlemonde jette n’importe ou. Ce continent fait de débris plastiques se trouve fractionné dans les différentes eaux internationales et est pris au piège dans les tourbillons des gyres - ou courants marins - que produisent naturellement nos océans. Des tonnes et des tonnes de plastiques flottent alors au milieu de ces déserts bleus et forment ce qui est maintenant appelé le septième continent.

 

Cette patrie où il est impossible de marcher, de vivre et qui ne nécessite aucun visa, est loin d’être un petit paradis perdu au milieu du Pacifique. Bien au contraire, c’est un danger pour notre faune et ce danger va devoir être contrôlé très rapidement.

 

Voilà donc une dizaine d’années que l’ONG 7e continent a été créée afin, non pas de ramasser le plastique des océan, mais de sensibiliser les gens, à commencer par les grands de demain. Si dans nos pays ( soi-disant ) développés nous commençons à prendre conscience de notre impact sur le futur et des enjeux qui sont en train de se jouer, les notions d’écologie et de recyclage peuvent parfois être à mille lieux de certains peuples. En effets, en Afrique, en Océanie et en Asie du Sud, de nombreux villages jettent tous leurs déchets dans les rivières les plus proches de chez eux. Ces rebus descendent alors le cours de l’eau, disparaissent de leur vue et de par le fait, de leurs préoccupations. Ce à quoi ils ne pensent pas forcément, c’est que toutes ces poubelles à ciel ouvert finissent par se concentrer aux embouchures pour petit à petit dériver en pleine mer. Ce genre de gestes ne peut pas être condamnable car ces personnes n’ont pas forcément conscience de leurs actes. Néanmoins, ils contribuent à aggraver l’état de santé de notre planète et il faudrait, eux aussi, arriver à les sensibiliser à ce problème mondial. A nous de leur montrer l'exemple !

 

Il faut maintenant faire la différence entre deux choses : premièrement les gros résidus facilement repêchable appelés macros déchets. Ces derniers ne sont pas les plus dangereux mais c’est lors de leur processus de décomposition au contact de l’eau que la véritable menace arrive sous forme de nanoparticules.

 

Lors de la sixième mission de 7e Continent, l’Atlantique Nord a été choisi pour continuer les recherches entreprises dans les précédentes expéditions, avec une problématique en plus à savoir : ou vont ces fameuses nanoparticules ? Ces fragments, plus grands que des atomes mais plus petits que des cellules sont difficilement traçables et la difficulté première est d’arriver à suivre leur cheminement.

Il ne faut pas aller chercher bien loin et demander aux premiers intéressés : les animaux marins. On peut voir passer sur le net de nombreuses photos montrant des poissons, tortues et cétacés morts après avoir mangé des sacs - ressemblant à des méduses - ainsi que des petits morceaux de plastiques qui finissent par obstruer leurs systèmes digestifs. Il n’est donc pas fou de penser que ces nanoparticules font elles aussi partie de leurs repas et de la chaîne alimentaire marine.

 

Depuis quelques mois, Patrick et les scientifiques qui l'accompagnent, s’évertuent également à démontrer de nouvelles théories encore plus alarmantes. La terre pourrait être en train de se recouvrir de nanoparticules avec les évaporations d'eaux, étouffant notre belle planète dans une sorte de sac plastique géant.

 

Si rien n’est fait, les chiffres sont alarmants et parlent d’eux même : en 2050, les spécialistes estiment que le poids de plastique dans les océans sera supérieur au poids de poissons y vivant … Il est pourtant si simple de faire attention à de simples gestes.

 

Une très belle bande dessinée explique tout cela en détail. Dominique Serafini - ancien membre d'équipage de la Calypso - dessine et met en images l'histoire de Patrick ainsi que le travail herculéen dans lequel il s'est lancé.

Acheter ce livre aide à financer les expéditions futures tout en répandant le travail de sensibilisation contre la pollution plastique des océans que sont équipe s'évertue de transmettre.

 

Faites donc une bonne action ! Ce geste ne coûte pas grand chose et peu avoir de grandes répercutions.

 

 

 

Pour finir, voici quelques photos du navire à quai présenté et baptisé à La Ciotat en septembre dans le cadre du festival Lumexplore 2018. Patrick, n'aimant pas les cérémonies traditionnelles, a préféré les rites d'un ancien culte païen pour bénir son navire et demander les bonnes graces aux puissances marines.

 

" Au nom de tous ceux qui ont navigué sur ce bateau, dans le passé et pour tout ceux qui monteront à bord désormais, nous invoquons les Dieux anciens des vents et des mers : puissant Neptune, roi de tout ce qui est sur et sous les eaux, puissant Éole, gardien des vents et de tout ce qu’il déplace, nous rendons grâce d’avoir permis à ce navire d’arriver jusqu’à nous saint et sauf, de lui accorder refuge des tempêtes, des bons vents et des belles mers. A ce jour, nous implorons humblement que le nom de Misty Moonbeam soit rayé et ôté des grands registres afin que ce navire puisse vous être présenté sous son nouveau nom, 7e Continent, reconnu et reçoive les mêmes privilèges et la protection que dans son existence passée. " 

 

  

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload